Les inspirations de FouKi : des Trois Accords à 50 Cent

C’est notamment grâce à son bagage musical riche et varié que FouKi a su se bâtir un aussi vaste public. Appuyé par son fidèle complice QuietMike, le mélomane de 22 ans tapisse son rap de reggae, de pop, de soul et de folk sur son deuxième album ZayZay, paru vendredi dernier. Nous l’avons intercepté chez lui, juste après son «kankan» matinal, pour discuter de ses principales influences.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Mon père écoutait beaucoup de musique française comme Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Françoise Hardy… En fait, nomme n’importe quel artiste de ce genre-là, et il l’écoutait! Quand j’étais kid, j’ai fait beaucoup de char avec lui, des longues rides de huit heures entre Baie-Comeau, où il habitait, et le Lac-Saint-Jean, chez ma mère. En descendant, c’était beaucoup des albums de Richard Desjardins. Je trouvais ça fort, son écriture. Du côté de ma mère, c’était beaucoup de la musique arabe, car elle dansait le baladi pour le fun. Un peu plus tard, elle a commencé à tripper sur le reggae, donc tout le côté rythmique de ma musique vient de là, alors que les mots, c’est de mon père.

 

Ton idole d’enfance?

Je te dirais mon beau-frère! Il m’a fait découvrir beaucoup de rock quand j’étais kid, que ce soit Marilyn Manson, NOFX ou Red Hot Chili Peppers, mais aussi quelques classiques du rap comme Wu-Tang Clan. C’est avec lui que j’ai enregistré un mini EP quand j’avais sept ou huit ans. Lui, il avait 14-15 et il jouait de la guitare pendant que moi je freestylais des affaires comme : «Je me suis pété la yeule en skate… et ça fait vraiment maaaaaal!» (rires) Mon père a encore ça dans ses affaires, et éventuellement, j’aimerais ça en mettre des petits segments dans un album ou un EP.

 

Premier album acheté et/ou MP3 téléchargé?

Quand j’étais très jeune, je me rappelle être allé au Club Soda pour le lancement de l’album du mammouth des Trois Accords (Gros Mammouth Album Turbo) avec mon oncle. J’avais acheté le t-shirt et le disque. Après, j’ai acheté du NOFX pis des trucs de punk de même, mais c’est surtout sur Limewire que j’ai commencé à m’initier à toutes sortes de musique quand j’étais ado. Les premiers albums de rap que j’ai achetés par la suite, ce sont des trucs d’ici comme Koriass, Manu Militari et Samian.
 

Ce qui t’a éveillé au rap?

C’est Sébastien Olscamp alias Slim Samba (NDLR : animateur de la défunte émission Riddimwise à CISM et figure incontournable de la scène reggae à Montréal) qui m’a montré les battles WordUP! quand j’étais ado. J’en ai écouté une quinzaine, et c’est comme ça que j’ai découvert la musique de Koriass, d’Alaclair Ensemble et de Dead Obies. Ça m’a ensuite amené au rap français, des trucs comme L’entourage notamment. Et je dois pas oublier non plus Eminem, qui a été assez important, surtout grâce au film 8 Mile, que je connais par coeur. Y’a aussi eu 50 Cent, A Tribe Called Quest, Method Man, Redman, Afroman… Avec le recul, je me sens blessed d’avoir découvert le rap old school en même temps que le rap new school. Dans les jeunes rappeurs, c’est pas tout le monde qui connaît ses classiques.

 

Clip le plus marquant à vie?

Je te dirais que This Is America de Childish Gambino m’a vraiment marqué. Tabarnak, c’est crazy! Pour vrai, c’est le clip de la décennie, autant pour son aspect politique que pour ses changements de plan. La première fois que tu vois le gars shooter toute la clique de gospel, t’es carrément shook!

 

Sinon, je te dirais que Tommy Cash est un bon fucké. C’est un Européen vraiment malade que pas tout le monde connaît encore ici. Ses clips sont toujours fuckés, toujours très sexuels.



 

Ta chanson préférée?

Les Gentils. C’est là que j’ai catché que pour rapper, t’étais pas obligé d’aller mal. Avant ça, je me disais que, si je voulais rapper, je devais écrire que ma vie va pas bien! (rires) C’est pas pour rien que je fais des trucs drôles et relativement légers. Faut pas oublier que je trippais sur Les Trois Accords quand j’avais sept ans.
 



 

Le classique des classiques?

Je dirais Get Rich or Die Tryin’ de 50 Cent. J’ai toujours aimé ce qu’il fait, notamment en raison du film (réalisé par Jim Sheridan en 2005), que je connais autant par coeur que 8 Mile. À mon avis, c’est lui, le précurseur du mumble rap. Il a reçu une balle dans la gueule et, à cause de ça, il avait de la misère à articuler. Finalement, il a bien su s’en servir.
 



La musique qui t’obsède ces jours-ci?
Je reviens de la Jamaïque, donc j’écoute beaucoup de musique tropicale, notamment Davido. C’est pas si bon que ça, mais il a vraiment un gros vibe. Sinon, j’écoute beaucoup de Sizzla, un reggaeman qui fait du son trop chaud. Comme d’habitude, je suis pas mal branché rap américain, mais aussi, je redécouvre le bon vieux Jack Johnson. Banana Pancakes, c’est vraiment ma toune.



 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Y’a beaucoup de gens qui m’entourent et qui m’inspirent. Des fois, ma blonde me dit des affaires et je m’en sers pour créer des hooks! Y’a aussi mon père qui est tellement sur la coche pour tout dans sa vie, au niveau de ses finances et de ses impôts. Il m’inspire constamment à évoluer.


Pour entendre FouKi, notre artiste du mois, écoute Rap Keb! Juste du rap d'ici.

 

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