Les inspirations de Rymz : de Richard Desjardins et Dr. Dre à Thom Yorke

Rymz, artiste du mois d'août

Pour entendre Rymz, notre artiste Rap Keb du mois d'août, écoute Rap Keb!

 

Trois albums solos plus tard, Rymz est devenu l’un des rappeurs incontournables de la scène québécoise. Natif de Saint-Hyacinthe, le Montréalais d’adoption sera d’ailleurs la vedette de notre Rap Keb Show le 14 août prochain. D’ici là, il nous présente la musique qui a marqué sa vie.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Ma mère était une grande fan inconditionnelle des Beatles. J’aimais ce qu’elle écoutait, mais je préférais vraiment les trucs en français que mon père écoutait, comme Dan Bigras, Plume Latraverse et Richard Desjardins. Je me souviens qu’en auto, c’était beaucoup du Desjardins qui jouait. Je me rappelle tout particulièrement de son album avec la pochette où il joue du piano dessus (Au Club Soda, 1993). Il racontait plein d’histoires là-dessus et, pour un kid, c’était quelque chose de vraiment accrocheur.

 

Ton idole d’enfance?

J’avais vraiment plus des idoles sportives que musicales, que ce soit les joueurs du Canadien de Montréal ou ceux de l’Impact. Je me rappelle que j’avais rencontré Mauro Biello quand j’étais petit et que je capotais! Sinon, vers 10-11 ans, j’ai commencé à trippé sur Tupac, Dr. Dre pis toute la vague west coast. Dès que j’ai découvert ça, j’ai pogné de quoi.

 

Ce qui t’a éveillé au rap?

Je dirais les albums 2001 de Dr. Dre, L’école du micro d’argent d’IAM, Judgement Day de Method Man et The Marshall Mathers LP d’Eminem. C’était une grosse époque, tout arrivait en même temps.

 

Premier album de rap québécois acheté?

Mentalité Moune Morne… de Muzion et Apéro de Connaisseur Ticaso. Muzion, j’avais vu des flyers d’un show qu’ils donnaient à St-Hyacinthe en 2000, donc j’ai décidé d’acheter l’album pour connaître les paroles. Ticaso, c’est un de mes amis qui m’avait parlé de lui à l’école et, à ma grande surprise, j’ai trouvé l’album chez mon disquaire. Je l’ai tout de suite trouvé très fort. Encore une fois, j’aimais le fait qu’il raconte des histoires. C’était vraiment la vie de la rue live dans mes oreilles.

 

Quel rappeur t’a donné envie de prendre le micro la première fois?

Yvon Krevé. Je trouvais qu’il était capable de semer une émotion crue et directe, un genre de rap vérité mélangé avec une mélancolie. Je me rappelle de l’intro de son album L’accent grave. Ça m’avait vraiment marqué.

 

Le show le plus mémorable de ton adolescence?

Le show 100% sans alcool, qui a eu lieu à deux ou trois reprises dans mon coin. Je crois que j’ai assisté à la deuxième édition avec Sans Pression et Loco Locass. Je me rappelle qu’on avait croisé SP avec un bras dans le plâtre juste avant le show. Il nous avait passé une caméra VHS et nous avait demandé de filmer le show. Y’a même un de mes amis qui était monté sur scène pour rapper un verse de Territoire hostile! Pis moi, ce soir-là, je me suis battu à poings nus avec un gars. (rires) La semaine d’après, la police était venue me chercher à l’école. Je comprends pas d’ailleurs, car c’tait un événement qui s’était passé la fin de semaine… En tout cas, on peut dire que c’était une grosse soirée pour un ti-jeune de 14 ans.Je vais toujours m’en rappeler. 

 

Ta chanson préférée?

J’ai peur que ce soit quétaine, mais quand The Way I Am d’Eminem est sortie, je l’ai écoutée en boucle au moins 200 fois. Son interprétation était intense, et le texte représentait comment je me sentais à cette époque-là.

 

Le classique des classiques?

C’est 2001 de Dr. Dre, ne serait-ce que pour les gros beats. Pour vrai, la musique a pas tant changé depuis cet album-là. Tu réécoutes les beats pis c’est encore fou raide! D’ailleurs, j’avais acheté la version instrumentale de l’album. C’est là-dessus que j’ai commencé à rapper.

 

Clip le plus marquant à vie?

À l’époque, y’avait Ante Up de M.O.P. qui roulait beaucoup. C’était vraiment malade comme vibe. Sinon, côté québécois, la dernière fois qu’un clip m’a donné des frissons, c’est Manu Militari avec Un ours mal léché. Ça raconte l’histoire d’un jeune qui se fait placer en centre jeunesse par sa mère. Un genre de récit classique, mais super bien vulgarisé. Ça me rejoint full dans mon métier. (NDLR : Rymz est à la fois rappeur et éducateur en foyer de groupe auprès des enfants)

 

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

Présentement, j'suis vraiment moins dans une phase rap. Je trippe plus sur l’électropop, notamment sur Banks, Lykke Li et Kroy. J’aime les trucs électroniques avec une vibe sombre dans le son. Je suis aussi tombé dans le vieux stock de Cinematic Orchestra et sur le dernier Thom Yorke, Anima. J’adore les trucs contemplatifs comme ça.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

David Saint-Jacques. Je le suis sur les réseaux et je trippe. Je voulais être astronaute quand j’étais petit et, lui, il a réussi. J’admire sa volonté et sa détermination. Il parle plusieurs langues et, en plus de tout ça, il est médecin. Sinon, j’aime bien Keanu Reeves. J’aime sa mentalité, son souci pour l’environnement, le fait qu’il donne une bonne partie de son cash à des fondations. Il vit en dehors du moule hollywoodien.

 

Rymz sera en spectacle le 14 août prochain dans le cadre du Rap Keb Show avec Brown Family, Robert Nelson, Sarahmée, Adamo et Vendou. Gagne tes billets par ici.