Décès d'un travailleur chez Covilac: la procédure de travail n'a pas été respectée

Les conclusions du rapport d'enquête de la CNESST sur le décès de Marc-André Bélisle en novembre 2018 lors d'un accident de travail sont maintenant connues. Une planification déficiente a mené au décès du contremaître, selon les ingénieurs.

L'enquête a permis de déterminer la mort de l'homme de 41 ans aurait pu être évitée, puisque que « l'opération de déblocage du maïs dans le silo à fond conique a provoqué l'ensevelissement et l'asphyxie du travailleur ». De plus, « la planification déficiente des travaux de déblocage et d'intervention en espace clos a exposé le travailleur à un danger d'ensevelissement ».

« Avant d'entrer dans un espace clos, il faut faire une cueillette de renseignement, planifier l'opération et avoir des équipements comme un treuil ou un harnais pour s'assurer que l'employé puisse faire le travail en sécurité », souligne Vincent Ouellette, ingénieur et inspecteur à la CNESST.

Selon M. Ouellette, le déblocage de silos à grains peut et doit idéalement se faire de l'extérieur. Dans ce cas-ci, aucune tentative en ce sens n'a été effectuée. Il affirme aussi que le déblocage du silo doit se faire de l'intérieur seulement qu'en dernier recours et que plusieurs précautions doivent alors être prises, ce qui n'a jamais été le cas lors de l'accident du 9 novembre 2018.

Rappel des événements

Le 9 novembre dernier, les travailleurs de la Coopérative agricole Covilac à Baie-du-Febvre s'aperçoivent que le maïs ne s'écoulait plus du silo à grains H4. Pour remédier à la situation, Marc-André Bélisle décide d'entrer à l'intérieur du silo pour procéder au déblocage, sans harnais de sécurité. Lorsque l'écoulement reprend, le travailleur est aspiré au fond du silo et décède asphyxié. 

Lorsque ses collègues comprennent qu'il ne ressort pas du silo, l'un d'eux entre à son tour dans le silo, également sans harnais de sécurité, et trouve M. Bélisle sans vie. Les ingénieurs sont catégoriques, cet employé aurait aussi pu perdre la vie en entrant sans protection.

Voici une simulation de l'accident de travail modélisée par la CNESST:

Mesures correctives et recommandations de la CNESST

Il a été établi que l'employeur a dû « élaborer et appliquer une procédure pour le travail en espace clos et en espace restreint avant la reprise de travaux ». 

La CNESST a aussi émis plusieurs recommandations pour éviter qu'un autre accident ne survienne, bien qu'il soit relativement courant dans le milieu agricole.

D'abord, les conclusions de l'enquête seront transmises à plusieurs associations du milieu, en plus d'être remises à l'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) et aux Producteurs de grains du Québec.

Les travailleurs doivent aussi être informés des risques liés aux silos à grains et doivent surtout éviter d'entrer dans le silo en privilégiant les déblocages à partir de l'extérieur.

Les mesures de préventions mentionnent surtout que « les travailleurs susceptibles d'intervenir dans un silo doivent avoir été formés pour appliquer la procédure de travail en espace clos élaborée par l'employeur ».