Deux Montréalais pourront obtenir l'aide médicale à mourir

Aide médicale à mourir ISTOCK KatarzynaBialasiewicz

Les personnes dont la mort n'est pas prévisible à court terme pourront finalement obtenir l'aide médicale à mourir.

La Cour supérieure vient de donner raison aux Montréalais Nicole Gladu et Jean Truchon, tous deux lourdement handicapés, qui contestaient les critères d'admissibilité des lois provinciales et fédérales sur l’aide médicale à mourir. Ils étaient d'avis qu'ils étaient trop restrictifs.

Atteints de maladies dégénératives incurables, ils s'étaient vu refuser l'aide médicale à mourir puisqu'ils n'étaient pas en fin de vie et que leur mort n'était pas raisonnablement prévisible.

La juge invalide donc ces deux critères. Elle les déclare inconstitutionnels. Elle donne 6 mois aux gouvernements pour appliquer ce jugement.

«L’exigence de la mort naturelle raisonnablement prévisible prive des personnes comme les demandeurs d’exercer leur autonomie et leur choix de mettre un terme à leur vie au moment et de la manière souhaitée, ce qui doit demeurer pourtant une décision personnelle tout à fait fondamentale.» -Extrait du jugement de la Cour supérieure

Le gouvernement Legault a indiqué qu'il prendra le temps d’analyser le jugement avant de se prononcer.

«C'est un dossier très important, très sensible, alors on va prendre le temps de l'analyser. [...] La population va nous demander des réponses sur ce dossier-là, alors faut le faire avec soin, on va se donner un petit peu de temps, une transition.» -Danielle McCann, ministre de la Santé en entrevue à RDI

Nicole Gladu et Jean Truchon, doivent réagir demain matin à cette décision de la Cour supérieure.

«À première vue, on est extrêmement satisfait du jugement et mes clients aussi. C'est une grande victoire!» -Me Jean-Pierre Ménard, avocat des demandeurs