Signes religieux dans les écoles: le PLQ s'interrogeait aussi

Lorsqu'il était au pouvoir, le Parti libéral a sondé les écoles du Québec pour savoir combien de personnes portent des signes religieux. Un questionnaire sur le sujet a été élaboré en juin dernier et mis en ligne cet automne.

En cette journée de rentrée parlementaire, le ministre de l'Éducation s'est adressé aux médias quelques minutes avant le début de la période de questions. Jean-François Roberge tenait à remettre les pendules à l'heure. La semaine dernière, la CAQ a été vivement critiquée lorsque des commissions scolaires ont affirmé avoir été interrogées sur le nombre d'enseignants arborant des signes religieux. Le PLQ affirmait alors que cela revenait à faire du « profilage ». 

« Ce n'est pas une mauvaise idée de poser des questions quand on veut avoir des réponses. Par contre, c'est une mauvaise idée de jouer à l'hypocrite et de dénoncer des questions qu'on a nous-mêmes posées. C'est ce que le Parti libéral nous a joué comme mauvais théâtre la semaine dernière.»

- Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation

Son prédécesseur, Sébastien Proulx, a réagi en fin de journée. S'il admet que son cabinet devait autoriser des questionnaires envoyés dans le milieu scolaire, il nie avoir été au courant des questions qui ont été posées sur le port de signes religieux dans les écoles.

Peu de signes religieux dans les écoles

Entre le 19 novembre et le 14 décembre dernier, 2616 directions d'école ont reçu le questionnaire. 44,5% d'entre elles y ont répondu.

Près de 85% des établissements ne comptent aucun membre du personnel portant des signes religieux visibles. Environ 12% dénombrent entre une et cinq personnes et moins de 5% en comptent plus de six. La majorité des gens qui portent un signe religieux sont des membres du personnel de soutien (46,9%). Le personnel enseignant est représenté à 38,8%.

Malgré cette faible proportion, la CAQ ne change pas d'idées et compte interdire les signes religieux chez les employés de l'état en situation d'autorité, y compris les enseignants.

« Le principe c'est qu'on pense que les enseignants, dans les écoles publiques du Québec, ne devraient pas porter de symbole religieux. J'ai suivi moi-même des formations, quand j'étais enseignant, sur la nécessité d'avoir une posture neutre et c'est évidemment incompatible avec le port des signes religieux. » - Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation