TROP-PERÇUS HYDRO-QUÉBEC: Les Québécois sont perdants selon l'IRIS

Hydro Quebec (CJAD)

Les Québécois seraient perdants dans le projet de loi proposé par le gouvernement Legault pour rembourser les 1,5 milliard de dollars d'électricité perçu en trop par Hydro-Québec. L'Institut de recherche et d'informations socio-économiques du Québec (IRIS) l'accuse de mentir aux Québécois dans une étude publiée ce matin.

François Legault a promis de rembourser les trop-perçus depuis 2007-2008 en passant une loi pour geler les tarifs l'an prochain et limiter la hausse des tarifs d'électricité à l'inflation pour 2021 à 2024. Selon lui, les rabais par rapport aux hausses accordées par la Régie de l'énergie permettraient aux Québécois d'économiser 1,5 milliard de dollars sur leur facture d'électricité réparant ainsi le tort causé.

Or, ses calculs sont remis en cause par la recherche de l'IRIS qui affirme plutôt que les Québécois perdraient au change si l'Assemblée nationale cautionne le projet de loi. Avec le projet de loi 34, la CAQ politiserait également Hydro-Québec en la retirant de l'autorité de la Régie de l'énergie. Ça représente un recul de 20 ans pour le chercheur et analyste Jean-François Blain qui a participé à l'étude de l'IRIS.

"On vient d'enlever aux consommateurs le seul chien de garde qui leur assurait un examen rigoureux et indépendant de la justification des demandes tarifaires annuellement d'Hydro-Québec. C'est un très gros recul."

Le projet de loi du gouvernement Legault déposé en juin dernier comprend également qu'Hydro-Québec fasse une demande une fois aux 5 ans à la Régie de l'énergie pour augmenter les tarifs. 


DES RABAIS "COMPLÈTEMENT FICTIFS"

D'après l'IRIS, la Régie de l'énergie n'aurait d'autre choix que de geler les tarifs d'électricité, voire de les réduire, en raison de l'augmentation des volumes de vente pour 2020. Le nombre de clients a aussi augmenté permettant à Hydro-Québec d'empocher les profits sans augmenter ses tarifs. L'économie de 500 M$ proposée par le gouvernement Legault serait donc "complètement fictive" pour 2020 selon M. Blain.

"C'est même étonnant d'entendre le ministre responsable d'Hydro-Québec répéter les lignes de communication qui étaient déjà sur la page d'accueil d'Hydro-Québec avant l'annonce du projet de loi. On se demande s'ils le font sciemment ou s'ils n’ont aucune idée de quoi ils parlent."

Par ailleurs, les hausses moyennes de la Régie de l'énergie ont atteint en moyenne 0,65% ces 4 dernières années. C'est pratiquement deux fois moins que l'inflation évaluée à environ 1,7% entre 2021 et 2024 par l'IRIS.

En augmentant les tarifs à l'inflation, le gouvernement Legault ferait payer trop cher les tarifs d'électricité aux Québécois et générerait ainsi plus de profits à Hydro-Québec pour engraisser son budget selon l'IRIS.

"Le gouvernement avec ce projet de loi là met la table pour qu'Hydro-Québec obtienne plus de bénéfices et verse plus de dividendes sans que ça soit considéré comme des trop-perçus (...) aux consommateurs pour les 5 prochaines années."

 

LE MINISTRE RÉAGIT

Le ministre de l'Énergie Jonatan Julien avait un autre son de cloche lorsqu'il a réagi au rapport en fin de journée hier.

Il contredit l'hypothèse de l'IRIS à l'effet que le projet de loi pourrait coûter 500 millions de dollars supplémentaires au Québec. Il rappelle que la Régie a souvent augmenté les prix au-delà de l'inflation par le passé.

Jonatan Julien a admis du même souffle qu'il aurait pu rembourser les Québécois d'une autre façon que part un gel de tarif.

Hydro-Québec a généré des bénéfices de 3,2 milliards en 2018.