Une sentence très sévère selon les parents d'Alexandre Bissonnette

Les parents d'Alexandre Bissonnette ont réagi à la sentence de leurs fils dans une lettre envoyée aux médias hier soir. 

Manon Marchand et Raymond Bissonnette estiment que la peine de 40 ans de prison pour les meurtres de six musulmans en janvier 2017 est "très sévère". 

Ils considèrent que les 150 ans de prison qui étaient réclamés au départ par la Couronne encouragent "un désir de vengeance". 

Ils soutiennent que la solution n'est pas de chercher à enfermer quelqu'un à jamais, mais plutôt de tenter de mieux comprendre le phénomène de l'intimidation vécue par leurs fils à l'école. 

Voici la version intégrale de la lettre : 

Alexandre a reçu une sentence de 40 ans sans possibilité de libération conditionnelle,
la plus lourde peine jamais imposée au Québec depuis l’abolition de la peine de mort !
Nous considérons qu’il s’agit d’une peine très sévère.
En 1976, après des années de débats sur la question, l’honorable Pierre Elliott Trudeau
a réussi, de justesse, à abolir la peine de mort au Canada. Un pays où les droits de la
personne ont une importance primordiale et où l’espoir dans l’avenir est permis pour
tous, même pour les personnes les plus honnies de la société comme les condamnés.
Avant de permettre les peines consécutives, les condamnés aux crimes graves
pouvaient garder un mince espoir de faire une demande de libération conditionnelle
après 25 ans et d'être placé sous la surveillance de la Commission des libérations
conditionnelles du Canada jusqu’à la fin de leurs jours. Cette lueur d’espoir leur
permettait de continuer d’avoir envie de vivre et de se réhabiliter. Ce système a fait ses
preuves, car selon les statistiques, la Canada à un taux de récidive extrêmement bas.
Nous regrettons de constater qu’au lieu d’adopter une position plus nuancée, la
Couronne a exigé le maximum des peines consécutives totalisant 150 ans. Il nous
semble que cette position encourage un désir de vengeance, en plus d’éteindre tout
espoir en exigeant une peine au-delà de l’espérance de vie d’une personne,
contournant ainsi l’abolition de la peine de mort.
Contrairement à d’autres pays, le Canada a choisi de s’ouvrir pour accueillir des
personnes venues de partout dans le monde, leur offrant ainsi l’espoir d’une seconde
chance dans la vie. Pourquoi vouloir nier le moindre espoir aux condamnés ?
L’Intimidation, tant psychologique que physique, subie par Alexandre durant ses années
scolaires à eu des effets dévastateurs sur sa personnalité. Si on veut réellement
empêcher qu’une telle tragédie ne se reproduise, il nous semble que la solution n’est
pas de chercher à enfermer quelqu’un à jamais, mais plutôt tenter de mieux
comprendre et prévenir ce veritable problème de société qui continue à faire des jeunes
victimes.
Merci à tous ceux et celles qui ont ouvert leurs coeurs pour nous encourager avec leurs
paroles, leurs messages et leur amitié, sans jamais porter de jugement. Nous tenons à
vous dire que c’est grâce à vous si nous pouvons continuer

Manon Marchand & Raymond Bissonnette