La DPJ du Bas-Saint-Laurent ébranlée par le décès de la fillette à Granby

Les 20 directeurs et directrices de la protection de la jeunesse du Québec lancent un cri du cœur. Ils ont signé une lettre ouverte, ce matin, suite au décès de la fillette de 7 ans à Granby le 30 avril dernier. Ils se disent « bouleversés ».

« Chacun d’entre nous a choisi par conviction et amour des enfants de leur consacrer notre vie professionnelle, particulièrement aux plus vulnérables d’entre eux. [… ] Tout comme l’ensemble des citoyens du Québec, nous ne pouvons tolérer les circonstances ou événements qui mettent en péril la vie des enfants. [… ] Jamais de tels drames ne devraient arriver. »

Extrait de la lettre ouverte

Dans son message, la DPJ énonce sa volonté  de collaborer à toutes les démarches de l’enquête annoncées par le gouvernement.

Selon la directrice de la protection de la jeunesse du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Anne Duret, la lettre s’adresse également au personnel. Elle vise à « soutenir le personnel, puisque sa confiance a été ébranlée suite au triste événement ».

« On demande un meilleur soutien clinique pour nos intervenants. Quand on gère des risques de la nature de ceux que nous gérons tous les jours, notre personnel doit être bien appuyé, doit pouvoir échanger et s’assurer qu’il prend les bonnes décisions. »

Anne Duret, directrice de la protection de la jeunesse du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Plusieurs personnes sont venues déposer des peluches, des fleurs et des ballons devant la résidence de la fillette de 7 ans décédée hier.

CTV News Montréal

Hausse du nombre de signalements

Le nombre de signalement est en hausse au Québec. Selon le CISSS du Bas-Saint-Laurent, la moyenne du nombre de signalements à traiter est passée de 65 à 100 dans la dernière année. Ce nombre a bondi à 180 dans les dernières semaines.

« On manque de ressources comme partout au Québec. Comme cette année nous avons connu une hausse du nombre de signalements, on a tenté de recourir à un surcroit de personnel. Mais notre défi est que la liste de rappel est actuellement épuisée. »

Anne Duret, directrice de la protection de la jeunesse du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Les intervenants du milieu au Bas-Saint-Laurent déplorent, quant à eux, le manque de ressources sur le terrain pour l'évaluation et la prise en charge des dossiers.

L'Alliance du personnel professionnel et technique (APTS) a d’ailleurs rencontré le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, vendredi, pour faire état des difficultés dans les centres jeunesse.

 « On travaille avec des familles qui sont mal en point et il y a un manque de personnel. On a expliqué au ministre Carmant qu’on ne veut pas que la tragédie en Estrie se reproduise au Bas-Saint-Laurent, ni ailleurs. Donnez-nous les ressources, donnez-nous les budgets pour faire notre travail. »

Mélanie Bernier, représentante de l’APTS au Bas-Saint-Laurent

Une deuxième rencontre est prévue prochainement.