Une campagne pour prevenir les abus dans les relations chez les jeunes

Un jeune sur trois a été victime de violence dans une relation amoureuse dans la dernière année au Bas-Saint-Laurent, selon une récente étude. Les chiffres démontrent également qu’un jeune sur trois a déjà produit ou eu en sa possession des sextos.

La direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent s'appuie sur ces chiffres dans le cadre de sa quatrième campagne de sensibilisation aux formes d'abus dans les relations chez les jeunes.

La campagne C'tu ça de l'abus, lancée aujourd'hui à l'école Paul-Hubert de Rimouski, sera déployée au moyen d'affiches exposées dans les établissements d'enseignement et de santé, via le site web ctucadelabus.com et les réseaux sociaux.

Elle vise à sensibiliser les adolescents sur les risques du sexting.

« Il faut enseigner les conséquences du sexting aux jeunes. Dès que tu es mineur, si tu as une photo sexuellement explicite de toi, tu peux être poursuivi pour production de pornographie juvénile. Si tu l’envoies, c’est une distribution et si tu en reçois une et que tu la conserves dans ton téléphone, c’est une possession de pornographie juvénile. »

Dre Dominique Bourassa, médecin-conseil en violence et agression sexuelle au CISSS du Bas-Saint-Laurent

La Dre Dominique Bourassa explique que le but de la campagne n’est pas d’empêcher les adolescents de faire des « cadeaux sexuels », mais bien de les outiller pour que ce soit fait en toute légalité et sécurité, c’est-à-dire en restant habillé et en évitant d’être reconnaissable sur les images.

Elle rappelle que « une fois la photo partie, ils n’ont plus aucun contrôle dessus ».

« Les jeunes peuvent être victimes de revenge porn, c’est-à-dire que la photo peut être publiée sur des sites par quelqu’un qui veut se venger après une rupture. Ils peuvent aussi être victimes de sextorsion, donc de menaces ou de chantage. »

Dre Dominique Bourassa, médecin-conseil en violence et agression sexuelle au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Soulever un questionnement

Une étude illustre que la proportion d’élèves du secondaire ayant subi de la violence de la part de leur partenaire dans la dernière année est en hausse au Québec. 36 % des élèves sondés se sont dit victime de violence dans leur relation amoureuse, que ce soit de la violence psychologique, physique ou sexuelle.

Selon la Dre Bourassa, le slogan de la campagne permet aux jeunes de se questionner sur les événements qu’ils vivent. « Les adolescents n’aiment pas se faire dire quoi faire, mais le slogan leur permet de se poser eux-mêmes des questions. Et ils ne se reconnaissaient pas dans le terme violence, alors que le terme abus leur parle plus. »