MONTÉRÉGIE: Des intervenants scolaires formés pour lutter contre les sextos

Quatre corps policiers de la Montérégie se sont unis pour former des intervenants pour mieux gérer des situations de sextage chez les ados.

Quatre corps policiers de la Montérégie ont uni leurs forces pour aider le personnel scolaire à intervenir plus rapidement en cas de situations de sextage chez les adolescents, qui se multiplient alors que la technologie est omniprésente.

 

Il s'agit de la Régie intermunicipale de police Roussillon, du poste de Valleyfield de la Sûreté du Québec, du Service de police de Châteauguay et du Service de police de la ville de Mercier.

Grâce à la trousse Sexto, élaborée en collaboration avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales, les policiers ont formé des intervenants scolaires, afin qu'ils soient prêts à intervenir rapidement pour limiter toute circulation d'images qu'il pourrait y avoir tout en supportant les élèves impliqués.

« Il peut y avoir différentes sortes de sextage, une photo, une vidéo. Dans des cas comme ça, on parle de jeunes de moins de 18 ans, donc c'est de la pornographie juvénile. C'est important que les intervenants soient bien outillés, comme ça, les traitements sont plus efficaces. »

- Jenny Lavigne, agente sociocommunautaire au Service de police de Châteauguay

Au total, 15 000 jeunes de secondaire pourront bénéficier du programme et mieux comprendre les conséquences du sextage. Le projet initial provient du Service de police de la Ville de Saint-Jérôme.

Une initiative déjà très développée à Châteauguay

Prenons l'exemple du Service de police de Châteauguay, en Montérégie-Ouest, qui met déjà beaucoup d'énergie pour lutter contre les sextos depuis quelques années. Grâce à la trousse Sexto, 38 intervenants ont été formés dans les six écoles du territoire desservi. Près de 5 500 élèves pourront donc en tirer profit.

Chaque cas est unique et cette trousse Sexto permet un meilleur cadre pour aider le personnel scolaire à mieux intervenir, ajoute l'agente Jenny Lavigne. Ainsi, quand un intervenant obtient des informations concernant une potentielle situation de sextage, il est mieux outillé pour rencontrer les jeunes impliqués. Il peut même confisquer des téléphones cellulaires avant d'appeler les policiers, qui ont également été formés pour mieux intervenir.

« Souvent, les jeunes arrivent dans le bureau [après une situation de sextage], ils sont en pleurs et les intervenants ne savent pas quoi faire. La formation a vraiment servi à leur donner des outils pour savoir, qu'est-ce qu'on fait dans un cas comme ça, quelles questions je pose. Si on voit que la jeune fille ou le jeune homme, sa vidéo est partagée à travers l'école, il faut intervenir rapidement parce que ç'a beaucoup de conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, sociales et légales. »

- Jenny Lavigne, agente sociocommunautaire au Service de police de Châteauguay

Dans le cas d'un acte jugé impulsif, le dossier peut être réglé plus rapidement, avec la méthode Sexto qui comprend des rencontres éducatives avec les policiers sur les impacts du sextage. Le jeune s'engage alors à supprimer les images et à ne plus recommencer. Les récidives seraient rares, selon l'agente Lavigne.

Si le geste de partage d'images est considéré délibéré, les jeunes doivent comprendre que ça devient une enquête criminelle. Ça tombera alors dans les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Chaque année depuis quatre ans, les jeunes du territoire de Châteauguay sont également sensibilisés au problème du sextage avec la campagne Les sextos, c'est de la porno. Ils se voient ainsi expliquer qu'il est illégal d'avoir des images explicites de personnes mineures en sa possession ou de les distribuer. L'initiative existe aussi pour le volet adulte.