«Beans»: La crise d'Oka portée au grand écran

Image de la barricade lors de la crise d'Oka

Le film Beans inspiré de la crise d'Oka sort en salle ce vendredi. Prisé à la Berlinale, au TIFF et aux Prix Écrans canadiens, le long métrage semi-autobiographique raconte l'histoire de la jeune Tekhentahkhwa, où la violence des événements, survenus il y a 31 ans, a intensifié, voire accéléré sa propre crise d'adolescence. 

La jeune fille, surnommée Beans, est interprétée par Kiawenti:io Tarbell. Elle prend les traits de Tracey Deer, qui avait 12 ans durant l'été 1990, dans un Québec déchiré. Certaines scènes sont aussi inspirées de ce qu'a vécu la cinéaste mohawk qui vivait à Kahnawake à l'époque. 

C'est à ce moment qu'elle a su qu'elle deviendrait cinéaste. Raconter cette histoire est devenu une source de motivation pour Mme Deer. Mais pour y arriver, trois décennies plus tard, il a fallu replonger dans des souvenirs douloureux.

Les Blancs affrontaient alors les Autochtones, et elle s'est mise à les haïr notamment après s'être fait lancer des pierres.  Suicidaire à 15 ans, elle s'est endurcie au contact d'un groupe de délinquants, perdant tout sentiment de sécurité et d'estime de soi. 
  
Des images d'archives viennent appuyer le récit, rappelant le racisme vécu par les Mohawks. Le film se veut ainsi une ouverture sur le dialogue pour briser les cycles de violence. De son propre aveu, tout le travail de la cinéaste est inspiré par sa volonté de créer des ponts. 

Pour Tracey Deer, même si les tensions sont moins grandes, la mort de Joyce Echaquan sous les insultes dégradantes d'infirmières à l'hôpital de Joliette, en septembre, n'est qu'un exemple que le racisme envers les Autochtones est encore très actuel.  

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