Beloeil va consulter sur l'avenir de son club de golf

golf

La Ville de Beloeil lance une consultation publique sur l'avenir de son Club de golf, dont une partie pourrait être vendue pour construire des bâtiments résidentiels de plusieurs étages. Des citoyens s'y opposent et si cette vente ne se concrétise pas, tout le Club devra fermer ses portes, faute de moyens financiers.

 

Le Club serait endetté de 3 millions, selon plusieurs médias, et pour survivre, songerait à vendre une partie de son champ de pratique à un promoteur immobilier. Cela représente moins de 5 % de la superficie totale du Club.

C'est le troisième projet qui arrive sur la table en raison des problématiques financières du golf, et le conseil a choisi de prévoir des consultations dès que possible à la suite de nombreux appels de citoyens inquiets. Certains avaient été rencontrés par la direction du Club de golf en octobre dernier.

Le président du Club de golf, Daniel Pelland, sera de la consultation et compte faire valoir les difficultés financières du Club et ses arguments pour justifier d'en assurer la pérennité.

« Il faut considérer que c'est un vecteur économique pour la Ville de Beloeil. Il y a 27 000 rondes de golf qui se jouent là, il y a 50 employés qui y travaillent. Nous, on veut assurer la pérennité du Club de golf en se départissant d'une portion du terrain. On n'est pas en train de détruire ou de raser l'ensemble des arbres. Il faut que les citoyens comprennent qu'on a des ententes avec la Ville et qu'ils ont accès au terrain l'hiver. On a un parc à chiens, il y a des sentiers pour la raquette. »

- Daniel Pelland, président du Club de golf de Beloeil

Alors que la possibilité d'une vente plane sur une portion du golf, des citoyens demandent à nouveau à la Ville de protéger ce terrain, le seul grand espace vert du territoire.

La mairesse indique qu'aucun plan n'a encore été déposé au conseil pour le futur projet immobilier en question, et qu'il n'y aura pas de changement de zonage sans consensus, donc pas avant la fin de la consultation publique. Celle-ci devrait débuter tôt au printemps et se terminer autour de juin.

« Est-ce qu'on veut un golf avec toute la gamme de possibilités, ou on veut conserver ça en espace public, un parc? Donc, on va vraiment discuter avec les citoyens. On veut vraiment avoir un consensus à ce niveau-là. C'est certain qu'on va faire des formats différents, peut-être sondage, peut-être via Facebook, on est ouvert à toutes les options pour atteindre le plus de gens possible, parce qu'on veut aussi atteindre les jeunes familles. On ne veut pas non plus mettre de délai, car ç'a un impact important, financier et de vision. »

- Diane Lavoie, mairesse

3e projet de développement controversé

Ce n'est pas la première fois que le Club de golf tente de vendre une parcelle de terrain. Les propriétaires ont tenté le coup en 2004 et en 2007, mais les ventes ont été bloquées chaque fois par les citoyens. Quelque 200 personnes se sont déplacées pour la cause hier soir à la séance du conseil municipal.

Le groupe Sauvons le Golf de Beloeil demande qu'une réserve foncière soit imposée sur le terrain de golf. Le porte-parole, Michel Béland, demande une confirmation écrite de la ville qui assure l'affectation récréative de l'espace vert, puis une réserve foncière le temps d'évaluer le dossier.

« À cause de ses problèmes financiers, qu'est-ce qui empêche le Club de Golf de vendre son terrain à un promoteur à un gros prix, même s'il n'y a pas eu de dézonage? C'est ce qui est arrivé à Candiac, donc quelles vont être les options des citoyens? On aura toujours une épée de Damoclès au-dessus de notre tête. Qu'est-ce qui va arriver si les citoyens arrivent devant le fait accompli que le promoteur est propriétaire de notre espace vert? Si on veut le racheter, le prix va être trop élevé alors que présentement, on peut être maîtres de la situation. »

- Michel Béland, porte-parole de Sauvons le Golf de Beloeil

M. Béland se désole que le format de la consultation ne soit pas encore défini et espère que des personnes-ressources y seront invitées, comme des urbanistes ou des experts en environnement.

Selon les avocats consultés par la Ville, le zonage actuel est le meilleur moyen de protéger l'endroit contre le développement immobilier potentiel. Imposer une réserve foncière donnerait la possibilité au promoteur qui achète le terrain de poursuivre la Ville pour les pertes financières encourues le temps de la réserve, une fois celle-ci levée, selon les explications de la mairesse.

- Avec la collaboration de Jean-François Desaulniers, journaliste Bell Média.

Infolettre Boom

Abonnez-vous à nos infolettres

Pour ne rien manquer de nos concours et promotions !