Commission Laurent: les intérêts de l'enfant en priorité

Rapport Laurent

Deux ans après le décès de la fillette de Granby et la mise sur pied de la Commission Laurent, un volumineux rapport de 500 pages est déposé au gouvernement Legault. On y retrouve une panoplie de recommandations pour que les intérêts de l'enfant reviennent au coeur des décisions de la Direction de la protection de la jeunesse. (DPJ)

Ainsi, le Québec devrait se doter d'une charte des droits de l'enfant et d'un Commissaire indépendant dont le mandat serait d'en assurer la vigie. Cette entité serait nommée par l'Assemblée nationale pour un mandat de sept ans.

La Commission rappelle que chaque enfant «a le droit de grandir dans une famille bienveillante qui lui permet de grandir et de se développer sainement.» La notion de stabilité affective doit être au coeur des décisions. 

Les déplacements à répétition d'un enfant devraient être limités et ce dernier devrait être maintenu, si possible, dans son école.

Les liens avec les parents biologiques doivent encore primer, mais pas lorsque cela contrevient aux intérêts du jeune. Si c'est le cas, «l'enfant doit pouvoir s'enraciner rapidement dans une famille prête à s'engager envers lui pour la vie».

La Commissaire Régine Laurent affirme que le décès de la fillette de Granby doit être le déclencheur d'un projet de société:

«Nous devons passer de l'indignation à la dignité, nous devons transformer notre colère en actions, nous devons nous montrer dignes de nos enfants et de nos jeunes. [...] Nous devons passer d'un Québec fou de ses enfants, à un Québec digne de ses enfants.»

- Régine Laurent, présidente de la commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse 

 

Miser sur la prévention

Sur la base de 276 témoignages et 225 mémoires, les travaux recommandent de travailler davantage en prévention. 

Un meilleur financement des organismes communautaires et une plus grande collaboration entre les différents acteurs du milieu est réclamée. Régine Laurent rappelle que la majorité des signalements soumis à la DPJ ne sont pas retenus, ce qui ne veut pas dire que les familles ne sont pas moins dans le besoin.

La Commission Laurent estime qu'il ne faut pas compter uniquement sur les DPJ «pour enrayer la souffrance et la détresse des enfants».

Les intervenantes ont besoin d'aide

Le rapport fort attendu réclame également plus de soutien pour les intervenantes de la DPJ qui devraient être mieux formées et encadrées.

Un allègement de la charge de travail est aussi réclamé, notamment en leur retirant la responsabilité de certaines tâches administratives.

«La charge de travail est trop lourde. Elles ont trop de cas et de familles à s'occuper. Elles nous disent que quand elles rentrent chez elles et qu'elles ont tout fait à la course, elles savent qu'elles n'ont pas donné le meilleur à chaque enfant et à chaque famille.» 

- Régine Laurent

La profession doit aussi être valorisée davantage et reconnue comme une pratique spécialisée.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant et le ministre de la Famille Mathieu Lacombe réagiront au rapport mardi avant-midi.

Entre temps, le premier ministre François Legault assure que son gouvernement fera tout en son pouvoir pour appliquer les recommandations de la Commission Laurent.

 

(Avec la collaboration de Marie-Pier Boucher,journaliste Noovo Info)

Infolettres Boom 104.1 - 106.5

Contenu en rafale, promotions exclusives, concours et bien plus encore !