Délestage: un urgentologue de la Montérégie sonne l'alarme

Chirurgie ISTOCK XIXINXING

Un urgentologue de la Montérégie-Centre et membre de l'Association médicale canadienne craint que le délestage dans les hôpitaux fasse boule de neige si rien n'est fait rapidement. Le Docteur Abdo Shabah estime qu'il faut réorganiser la liste des priorités des chirurgies en attente et réinjecter des sommes importantes.

Selon les plus récents chiffres du ministère de la Santé, 34 % des chirurgies actuellement sont reportées et 140 000 personnes sont en attente.

Par contre, la vaccination va bon train et la baisse des nouvelles éclosions laisse entrevoir la lumière au bout du tunnel.

Et puisque la pandémie n'est pas terminée et que les possibilités de contamination aux nouveaux variants sont bien présentes, Docteur Shabah croit que Québec devrait s'inspirer des pratiques sanitaires de la Colombie-Britannique pour éviter le point de rupture.

Et il faut aussi ne jamais oublier les impacts de la non-consultation qui peuvent générer des dommages collatéraux importants sur le système de santé, un «effet Domino» qu'il craint.

Selon lui, le gouvernement doit privilégier des investissements massifs pour réorganiser les listes d'attente par priorité.

«Il faut limiter la propagation et l'usage des lits dédiés à la COVID-19 à mesure qu'il y a moins de cas. Déjà, tout le personnel travaille très fort. En Colombie-Britannique, ils ont été proactifs dès que la première vague s'est terminée: le gouvernement a investi 190  millions de dollars. Les patients ont été recontactés, on a replanifié les interventions. Le ministère a sollicité des partenaires privés et de nouvelles équipes. Toutes les salles d'opération  fonctionnaient à pleine capacité même en juin, il a étendu les heures d'opérations même le week-end et  le gouvernement a pu réussir à réduire de 90% la liste d'attente cumulée avec la première vague. C'est une expérience intéressante »

Docteur Abdo Shabah, urgentologue et membre du conseil d'administration Association médicale canadienne.

Et l'apport du privé?

La nouvelle encourageante, c'est que plusieurs hôpitaux ont commencé à reprendre graduellement leurs activités, ce sera le cas en Montérégie en endoscopie et chirurgie, dès la semaine prochaine. Par contre, plus de ressources du privé peuvent être mises au service du public pour compléter les services offerts.  

Malgré cela, le Docteur Shabah ignore quand on reprendra le dessus étant donné un manque criant de personnel qui sévit toujours.

«Avant de solliciter le privé directement, il faut que des lits se libèrent dans le secteur public et dans les hôpitaux. Par contre, le secteur privé emploie des gens qui pourraient contribuer davantage et compléter les équipes médicales au public. Est-ce qu'il y a du matériel de plus? Des salles supplémentaires? Une chirurgie sur 2, dans le Grand Montréal est remise chaque jour. Il faut rappeler qu'avant la pandémie,  25% de la population attendait déjà pour une chirurgie sur la liste d'attente.  Il faut des solutions gagnantes le plus tôt possible»

 Docteur Abdo Shabah, urgentologue et membre du conseil d'administration Association médicale canadienne.

 

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