Des policiers en formation de perfectionnement inquiets pour leur santé

Bell Média-L'École nationale de police du Québec à Nicolet

Des dizaines de policiers de toutes les régions du Québec ont été réunis toute la semaine à l'École nationale de police du Québec (ENPQ), à Nicolet, pour de la formation continue. Plusieurs participants déplorent la situation en temps de pandémie et ont confié à Bell Média qu'ils auraient aimé avoir le choix d'y aller ou pas.

 

Des agents présents à qui nous avons parlé, et qui ont requis l'anonymat par crainte de représailles, s'inquiétaient pour leur santé en raison de la crise. D'autres questionnaient aussi le potentiel de ramener le virus chez eux et ne voulaient pas y aller. Certains disent toutefois s'y être fait obliger par leurs gestionnaires sous peine de sanctions disciplinaires.

La plupart étaient d'avis que leur cours était facilement offert virtuellement ou qu'il aurait pu être suivi une fois la situation de la COVID-19 rétablie.

Dans un seul groupe, par exemple, il y a des policiers de la Sûreté du Québec de l'Abitibi-Témiscamingue, jumelés à ceux de la Régie intermunicipale de police Roussillon, de la Régie intermunicipale de police Thérèse-de-Blainville, du Service de police de la Ville de Québec et de la police de Trois-Rivières, selon les informations de l'ENPQ.

Les policiers qui se sont confiés estiment que de réunir des agents de différentes régions où la situation de la COVID-19 diffère n'est pas une bonne idée, malgré le port du masque obligatoire, les questionnaires d'état de santé et les multiples mesures sanitaires en place, qu'ils jugent adéquates.

« C'est comme si le gouvernement nous disait : faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, » résume l'un d'eux.

L'ENPQ ouverte à réviser l'offre

L'École nationale de police du Québec (ENPQ) rappelle qu'elle a eu l'aval de la santé publique pour offrir des cours en présentiel, vu qu'elle forme des employés des services essentiels. Elle n'exclut toutefois pas d'adapter son calendrier de formation de perfectionnement pour en offrir davantage à distance si nécessaire.

La porte-parole, Andrée Doré, explique toutefois que le modèle pédagogique priorisé à l'ENPQ est le développement des compétences dans un contexte d'apprentissage expérientiel. 80 % de la formation donnée nécessite des mises en situation et des équipements spécialisés dans les locaux aménagés, ce qui rend difficile l'offre en ligne.

« On est en évolution, il se peut qu'actuellement, des cours se donnent en présentiel, mais qu'on soit en train de revoir la formule pour le donner en ligne, ou certaines portions en ligne. C'est un travail important pour s'assurer que les compétences sont quand même acquises. »

- Andrée Doré, porte-parole de l'ENPQ

Elle ajoute qu'il n'y a eu aucun cas de COVID-19 parmi les étudiants de l'ENPQ jusqu'à maintenant, sauf deux cas isolés au sein du personnel administratif, actuellement en télétravail.

Cette semaine, à l'ENPQ, en plus des policiers en formation de perfectionnement, il y a trois cohortes d'aspirants policiers ainsi qu'une cohorte d'agents des services correctionnels. L'établissement précise que les aspirants policiers sont en confinement pour les 8 à 15 semaines de leur formation et sont en quarantaine pendant une semaine avant leur arrivée, ce qui fait qu'ils sont doublement protégés.

Andrée Doré invite tout de même les policiers inquiets qui auraient des critiques à formuler à contacter l'école.

« On ne dit pas qu'on est parfait, mais je pense qu'on a mis en place des mesures qui sont très strictes. Être inquiet de sa santé, il faut manifester pourquoi parce que la santé publique est venue à plusieurs reprises inspecter nos façons de faire et, chaque fois, ils étaient très satisfaits de la façon dont ont fonctionnait. Il faut voir de quelle façon on peut réaménager des choses. C'est ce qu'on dit à nos apprenants et à nos clients. Si vous voyez que quelque part, il y a une faille, il faut nous le dire. On est toujours prêts à améliorer nos conditions. »

- Andrée Doré, porte-parole de l'ENPQ

De plus, Mme Doré ajoute que la formation des différentes clientèles accuse un important retard qu'il faut rattraper.

À la suite de l'arrêt des formations en présentiel du 16 mars au 15 juin 2020, l'ENPQ estime à 800 acteurs essentiels de la sécurité publique qu'elle n'a pas pu et ne pourra pas diplômer dans les délais, alors que les besoins sont grandissants et qu'elle n'arrive déjà pas à y répondre lors d'une année hors pandémie.

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