Deux résidences privées pour aînés de Saint-Hyacinthe dans le rouge

La résidence privée pour aînés Bourg-Joli, à Saint-Hyacinthe.

La deuxième vague de COVID-19 frappe de plein fouet plusieurs résidences privées pour aînés et CHSLD de la Montérégie ces dernières semaines. Certains établissements de la région sont parmi les plus infectés au Québec.

 

La situation se détériore dans deux résidences privées pour ainés de Saint-Hyacinthe, aux prises avec d'importantes éclosions de COVID-19 depuis plusieurs jours. Trois des quatre résidences en situation critique, avec plus de 25% des résidents atteints, sont en Montérégie-Est.

La moitié des résidents de la Villa Saint-Joseph, à Saint-Hyacinthe, sont infectés, soit 39 personnes, selon la liste officielle du gouvernement dont les plus récentes données datent de samedi. Au moins 10 membres du personnel sont également infectés.

Le CISSS de la Montérégie-Est leur offre du support le temps que la situation s'améliore.

« Le CISSS de la Montérégie-Est a envoyé des employés pour combler des besoins sur tous les quarts de travail et on a également un médecin qui est de garde 24/7 pour cette résidence-là. On a également envoyé une équipe en prévention et contrôle des infections pour vérifier les standards de la résidence, et de ce côté-là, tout était conforme. »

- Hugo Bourgoin, porte-parole du CISSS

Il nous a été impossible de joindre les propriétaires, qui n'ont pas retourné nos appels pour le moment.

De son côté, le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de la Montérégie-Est - CSN demande que soit minimisé le transfert de personnel dans ces résidences privées.

« Il y a des préposés aux bénéficiaires qui ont été dépêchés. Nous, ce qu'on demande à l'employeur, c'est si vous devez le faire, on vous demande de mettre en retrait cette personne-là, lui faire faire un isolement préventif et lui faire passer un test de dépistage. Malheureusement, à l'heure actuelle, la réponse de l'employeur, c'est non. »

- Daniel Laroche, président du Syndicat

Explosion de cas à la Résidence Bourg-Joli

Par ailleurs, le nombre de personnes atteintes a littéralement explosé à la Résidence Bourg-Joli, également une résidence privée de Saint-Hyacinthe. L'endroit est passé de huit cas la semaine dernière à 42 résidents infectés en fin de semaine. Heureusement, on ne rapporte aucun décès.

Une douzaine d'employés sont touchés également et retirés du milieu. Le CISSS de la Montérégie-Est a envoyé de ce côté deux employés en renfort et un médecin.

La moitié des résidents seulement ont pu être transférés en zone chaude à l'hôpital. Les autres sont isolés dans leur chambre. Également, toutes les familles sont tenues informées de la situation, que leur proche soit positif ou non.

Une des propriétaires de la Résidence Bourg-Joli, Nathalie Dignard, nous a indiqué en entrevue que le virus est entré il y a environ deux semaines par des résidentes autonomes.

« On a deux résidentes qui sont sorties pour aller magasiner bien qu'on leur avait fortement déconseillé. On était prêts à payer des gens pour y aller pour elles. Ce sont ces personnes-là qui, dès le début, ont eu un peu de symptômes et ont été testées positives. »

- Nathalie Dignard

La copropriétaire assure que depuis mars, elle a embauché du personnel supplémentaire, autant des préposés aux bénéficiaires que des gens sur appel ou des employés responsables de la désinfection. Elle jure avoir suffisamment de main-d'oeuvre pour éviter tout bris de service.

Nathalie Dignard ajoute que les employés entrent par une porte assignée, portent bien le matériel de protection et mangent dans leur milieu de travail pour éviter la contamination. L'établissement est désinfecté régulièrement, au maximum aux trois heures.

La troisième résidence en situation critique est la Résidence des Berges, à Boucherville, qui compte 15 résidents atteints.

41 cas dans un CHSLD de Brossard

Le Centre d'accueil Marcelle-Ferron, à Brossard, est le CHSLD le plus durement frappé par une éclosion de COVID-19 au Québec. On y dénombre 41 cas, dont 30 résidents infectés.

Les premiers cas ont été déclarés il y a deux semaines, mais l'endroit vient tout juste d'être ajouté à la liste officielle, qui fait état de 18 cas actifs. Un message datant du 13 octobre sur le site web de l'établissement confirme une éclosion. Toutes les visites sont suspendues.

Il demeure encore difficile d'avoir les bonnes données quant au nombre d'infections, alors qu'il y a souvent des disparités entre la réalité et la liste officielle du gouvernement.

Une situation vertement critiquée par la FIQ - secteur privé, qui dénonce le décalage entre les données sur le site et celles sur le terrain et demande plus d'assiduité de la part du gouvernement.

« Le ministère nous a dit qu'il rencontrait quelques petits ennuis techniques. Il y a quelqu'un à l'autre bout qui ne fait pas son travail ou les données ne se rendent pas au bout sur le site?  Que ce soit une question d'oubli, je trouverais cela très bizarre: cela fait 2 semaines que je connais la situation à Brossard. D'autres établissements sont actuellement en éclosion et les données y sont 24 heures plus tard.  Ça demande beaucoup de gestion, nous en sommes conscient,s mais c'est notre rôle de protéger nos membres et ceux qui recoivent les soins. Il faut que cette situation soit rapidement corrigée. »

- Sonia Mancier, présidente FIQ Section privé

 

- Avec la collaboration de Jean-François Desaulniers, journaliste Bell Média Montérégie.

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