Dossier Exceldor: l'UPA Montérégie soutient être victime de pressions politiques

Agriculture

L'UPA de la Montérégie dénonce ce qu'elle qualifie «d'insinuations et pressions politiques» exercées par les élus municipaux et provinciaux dans le dossier de relocalisation de l'usine d'Exceldor. On se souviendra que la semaine dernière, tant la MRC que le maire de Saint-Hyacinthe sortaient en appui au projet sur l'avenue Pinard, en lancant un appel aux dialogues avec les agriculteurs. 

Or, dans une missive, l'UPA est claire: elle n'a pas le mandat de «négocier ou de dialoguer» dans ce dossier mais bien de défendre les producteurs et le territoire agricole.

La MRC a aussi balayé la possibilité de reconstruire sur le site même de l'usine de Saint-Damase ou à Saint-Pie, en raison de l'approvisionnement en eau potable et à la difficulté de traiter les eaux usées. 

Exceldor souhaite investir près de 200 M$ et créer 600 emplois dans cette nouvelle usine mais le dossier est actuellement bloqué à la Commission de protection du territoire agricole.

Lui-même producteur agricole, M. Claude Corbeil avait rappelé au dernier conseil que la production agricole est indissociable de la transformation alimentaire, il avait aussi évoqué la possibilité de renoncer à des droits acquis sur des terres appartenant à la Ville en guise de compensations à l'UPA.

Voilà que l'UPA demande simplement aux élus de se référer à la Commission de protection du territoire agricole pour faire ses demandes et présenter son plan.

Selon le président, la loi ne prévoit aucun échange de terrain et que «d'essayer de faire croire le contraire serait un mensonge»

Le premier vice-président de l'UPA Montérégie Jérémie Letellier explique que la négociation d'échanges de terres sur la place publique ne sert en rien le dossier et que l'organisation n'a aucun mandat de ses membres de négocier.

«Tout d'abord, lors de son passage à Saint-Hyacinthe, le premier ministre Francois Legault a insinué que l'on aurait pu négocier des choses et terrains avec la MRC dans ce dossier et le maire Corbeil a pris la balle au bond en disant que l'on ne veut pas collaborer. Mais nous ne sommes pas décisionnels là-dedans et les promoteurs ont la charge de démontrer à la CPTAQ quelles sont les meilleures options.  Il n'y a rien qui dit, dans l'esprit de la loi, que l'on peut échanger des terrains. Si la MRC et la Ville veulent le faire valoir, qu'elles fassent leurs démarches devant l'instance décisi0nnelle, la Commission de protection du territoire agricole.   Je pense qu'il y a plus de motivation politique derrière la sortie du maire Claude Corbeil que de bien-fondé juridique»

Jérémie Letellier, 1er vice-président UPA Montérégie

On pense qu'une audience complète à la CPTAQ viendrait cet automne. Par contre, pas question donc de négocier sur la place publique quoi que ce soit.

Quant à une lettre d'opinion où des gens d'affaires maskoutains se mobilisent pour soutenir le projet à Saint-Hyacinthe publiée dans Le Courrier, M. Letellier avait ceci à dire.

«Le seul processus reconnu et validé est celui devant la Commission de protection du territoire agricole.  Nous ne connaissons pas la date d'audience à la CPTAQ. Pour la lettre d'opinion, chacun a droit à son opinion. Quelle est la compétence des gens qui sont sortis en aménagement du territoire et protection du territoire agricole, je laisse la population en juger. Ce ne sont pas des dossiers «politiques» mais des dossiers juridiques et administratifs et on n'en sort pas: c'est à la CPTAQ de trancher. Ce que l'on sait c'est que la protection de notre garde-manger, c'est un enjeu majeur.»

Jérémie Letellier, 1er vice-président UPA Montérégie

 

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