L'entreprise VegPro dément une fermeture imminente en raison de la COVID-19

Agriculture

L'entreprise VegPro de Sherrington est au prise avec une deuxième éclosion importante de COVID-19 en moins d'un an. Dans les dernières heures, sa direction a émis un communiqué dans lequel elle réitère collaborer avec la santé publique et «qu'aucune fermeture n'a été commandée en raison de l'ampleur de l'éclosion».  

Selon nos sources, une trentaine de travailleurs seraient infectés, mais tout près de 70 sont en isolement. Impossible de confirmer comment le virus s'est propagé dans les murs de l'entreprise et pourquoi une éclosion aussi rapide.

Dans une déclaration aux médias, la direction de Vegpro dément l'information du Journal du Montréal selon laquelle elle devra fermer le temps de contrôler l'éclosion qui l'affecte.

Selon la direction, un inspecteur de la CNESST et un représentant de la santé publique auraient conclu, «après une visite hier en fin de journée, que les mesures en place étaient satisfaisantes selon les critères de santé et sécurité».

Par contre, trois recommandations ont été faites: réajuster la disposition de la cafétéria où la distanciation n'était pas optimale, renforcer la distanciation dans le secteur des casiers et renforcer le port du masque dans les installations.

Selon le vice-président exécutif ventes et marketing Luc Prévost, la compagnie continuera de collaborer avec la santé publique et si des améliorations peuvent être faites, elles le seront dans les meilleurs délais.

«Depuis le début de la pandémie, VegPro a mis en place les mesures sanitaires recommandées par le gourvernement et la Direction de santé publique. La santé et la sécurité de nos employés est ce qu'il y a de plus important pour nous et nous voulons qu'ils puissent effectuer leur travail dans un environnement sécuritaire».

Le vice-président exécutif ventes et marketing de VegPro Luc Prévost

Nous avons joint la CNESST régionale pour obtenir plus d'autres compléments dans ce dossier.

Des améliorations pour les habitations des travailleurs temporaires?

Le syndicat TUAC 501 avait par le passé tenter de syndiquer les travailleurs de l'entreprise, en vain. Plusieurs auraient été embauchés via des agences et beaucoup sont des travailleurs temporaires de l'Amérique du Sud, selon le représentant Julio Lara, qui a l'habitude de travailler avec les travailleurs étrangers dans l'agroalimentaire.

Selon le syndicat, les postes sont exigüs et les habitations regroupent plusieurs travailleurs. Julio Lara croit que bien souvent, des travailleurs étrangers ont peut-être peur de représailles de l'employeur.

« Dans plusieurs usines, pour l'hébergement, il y a des lits superposés, les gens respirent le même air alors que l'on parle d'aération et de ventilation dans les CHSLD et les écoles. Ce ne sont pas des conditions décentes. En sachant que certains travailleurs temporaires craignent de ne pas être rappelé l'année d'après, certains peuvent craindre des pertes salariales ou carrément, que l'entreprise ne fasse plus appel à leurs services.  Généralement, la santé publique agit rapidement. Il y a aussi toute la dynamique avec le contrôle des travailleurs d'agences dans certaines usines: ils ont côtoyé qui avant d'arriver de Montréal?  Ils ont été dépistés quand? » 

- Le représentant local des TUAC 501 Julio Lara

L'UPA avait déjà exprimé ses craintes sur nos ondes sur le sort des travailleurs étrangers infectés à la COVID-19 lors de la première éclosion, en mai 2020. Une unité-mobile avait aussi été dépêchée sur place pour faire du dépistage rapide.

RÈGLEMENTATION EN RÉVISION

Le gouvernement fédéral est à revoir la réglementation sur les habitations de travailleurs étrangers quant la distanciation et la séparation des pièces: 77% des logements dédiés comportent des lits superposés.

Michel Pilon est coordonnateur du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ). Il voit la situation beaucoup plus largement que celle qui touche VegPro.

Le problème de l'exiguité des postes de travail a aussi maintes fois été ciblé comme un facteur de contamination, spécialement dans l'agroalimentaire.

Selon lui, le fédéral se penche sur la question des milieux de vie de ces travailleurs dans le moment.

« C'était une question de temps avant que l'éclosion reprenne chez VegPro: lorsque l'on couche 4 par chambre avec des lits superposés, les postes de travail sont très près même si l'usine est moderne. La pandémie amène les gouvernements à réfléchir sur l'hébergement et le travail des travailleurs étrangers.  Le gouvernement fédéral est actuellement en consultation sur les normes pour l'hébergement des travailleurs agricoles, le nombre de personnes par chambre, les lits superposés, le nombre de personne par mètre carré dans les aires communes.  Nous demandons aussi des changements au Québec, via la CNESST pour les travailleurs, puisque ce sont des milieux de vie. »

- Michel Pilon, coordonnateur du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec

Du côté de la santé publique de la Montérégie, la porte-parole de la santé publique Chantal Vallée nous indique par courriel qu'elle suit la situation de près.  « Nous travaillons actuellement à soutenir l'entreprise comme nous le faisons dans tous les milieux en éclosion. Lorsque des éclosions se produisent dans les entreprises, notre équipe de santé au travail revoit les mesures mises en place et propose des bonifications au besoin pour mieux protéger la santé des travailleurs. Par ailleurs, il arrive que la santé publique doive annoncer qu'un milieu est en éclosion pour lancer un appel à la population de se faire tester, » a-t-elle ajouté.

En terminant, voici tout ce qu'il faut savoir sur la situation de la COVID-19 en ce 14 janvier 2020.

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