La FPMQ dénonce l'intention de Candiac et St-Constant de quitter la Régie

Gyrophares jour-Istock eugenelucky

La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) accuse Candiac et Saint-Constant de manquer de transparence dans leur volonté de se retirer de la Régie intermunicipale de police Roussillon, en plus d'aller à l'encontre de la Loi sur la police.

 

Les deux villes ont adopté une résolution au début du mois, dans le but d'éventuellement se retirer de la Régie intermunicipale de police Roussillon pour créer leur propre service de police intermunicipal, même si elles ne sont pas limitrophes (elles sont séparées par Delson).

Depuis novembre, des négociations sont en cours entre toutes les villes impliquées dans la Régie pour le renouvellement de contrat. Candiac et Saint-Constant sont en expansion et ne sont pas d'accord avec les coûts liés au service policier.

Selon la FPMQ, cette démarche est illégale alors qu'elle enfreint la Loi sur la police, qu'elle s'est faite en catimini et qu'aucune consultation publique n'a été menée, selon l'Article 73 notamment.

« Candiac n'en a pas fait, et Saint-Constant au printemps dernier a fait des consultations publiques, mais sur un projet d'avoir leur propre service de police, et jamais on n'a parlé d'un service de police avec la Ville de Candiac. Ces résolutions-là, pour nous, sont caduques. »

- François Lemay, président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec

La position de Candiac et Saint-Constant

Le maire de Saint-Constant a préféré pour l'instant n'émettre aucun commentaire sur le dossier. Par contre, la directrice des communications, Manon Mainville, indique que « la Ville évalue toutes les possibilités et doit agir en bonne gestionnaire en évaluant les coûts actuels de la desserte ». Selon elle, la Ville a agi en toute transparence dans le dossier.

Elle indique que deux présentations publiques ont été faites sur le sujet auprès de la population le printemps dernier, notamment à la fin mai et les « citoyens ont pu s'exprimer démocratiquement ». Toutefois, les consultations portaient exclusivement sur un service autonome à Saint-Constant, et non sur le projet commun

De son côté, la Ville de Candiac a réagi jeudi matin. Le maire Normand Dyotte explique qu'un plan d'affaires a été réalisé pour prendre en compte les coûts liés à la mise sur pied d'un tel service. Il assure que si la Ville va de l'avant dans son projet, la population sera consultée mais que des démarches devront être entamées avec le ministère de la Sécurité publique.

Candiac fera part de sa volonté ou non d'aller de l'avant avec ce projet le 12 mars prochain et la transmettra aux autres villes desservies par la Régie intermunicipale de police Roussillon.

« Il y a des propositions faites par le comité aviseur pour lesquelles nous ne sommes pas en accord et c'est connu. Les discussions se poursuivent jusqu'au 12 mars et c'est à ce moment que l'on fera part de nos intentions.  Un plan d'affaires que nous avons fait montre, pour l'instant, que la meilleure chose serait de se joindre à Saint-Constant pour des questions de coûts et de service. Le plan a été déposé au comité interne. Nous comprenons très bien l'incertitude vécue par les policiers. Si le processus chemine, sous toutes réserves, les consultations publiques seront faites après cette étape. »

- Normand Dyotte, maire de Candiac

Décret gouvernemental demandé

Les négociations pour le renouvellement de l'entente avec la Régie sont dans l'impasse depuis 2018. Le contrat a été renouvelé jusqu'en mars prochain, mais les partis n'arrivent toujours pas à s'entendre.

La Fédération réclame que la ministre des Affaires municipales décrète le renouvellement du contrat de la Régie pour 5 ans. Pour le président François Lemay, ce retrait voulu est une décision prématurée dans la foulée des consultations pour revoir le modèle de la police et du dépôt du livre vert. Il estime que les municipalités devraient plutôt attendre les orientations gouvernementales avant de changer de modèle.

« C'est vraiment le citoyen qui est pris en otage parce que si le service qui est donné à la population est très bon, je pense que ces gens-là doivent aller à la table et régler leurs différends économiques. C'est comme si cette décision-là se prenait d'avance. Tout le modèle de la police, le financement de la police, sera revu! »

- François Lemay, président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec

Il est trop tôt pour se prononcer sur les impacts possibles sur les services qu'aurait ce retrait des deux plus grosses villes du territoire de Roussillon de la Régie intermunicipale de police. Actuellement, la Régie dessert Saint-Constant et Candiac, mais aussi Delson, La Prairie, Saint-Mathieu, Saint-Philippe et Sainte-Catherine.

François Lemay exige aussi qu'une rencontre conjointe soit conviée d'ici 15 jours avec les ministères et les villes concernés, disant avoir été exclus des rencontres précédentes et avoir des arguments à apporter à la table.

 

- Avec la collaboration de Jean-François Desaulniers, journaliste Bell Média Montérégie