La police et le CAVAC ensemble pour les victimes d'actes criminels

Jacinthe Béland, intervenante psychosociojudiciaire, collabore avec la police de Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 2015. À ses côtés, le directeur du Service de police, André Fortier.

Depuis le 30 septembre, les victimes d'actes criminels à Saint-Jean-sur-Richelieu ont accès à une ressource d'aide 5 jours par semaine. Une intervenante psychosociojudiciaire, affiliée au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC), travaille maintenant avec le Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu à temps plein, après un projet-pilote de 2 ans.

 

Jacinthe Béland ne chôme pas. L'intervenante consulte les rapports d'événements policiers tous les jours et fait un premier contact personnalisé avec les victimes de crimes contre la personne en priorité, comme la violence conjugale, les agressions sexuelles ou les introductions par effraction.

Depuis septembre, Jacinthe Béland consulte aussi les cartes d'appels de la police. Elle établit alors un premier contact avec les victimes, témoins ou proches dans l'espoir de les aider le plus rapidement possible, même avant le dépôt d'une plainte.

L'intervenante offre notamment des services d'intervention post-traumatique et psychosociale. Il n'y a pas de thérapie, mais elle est là pour expliquer aux victimes qu'il est normal qu'il y ait des conséquences physiques, psychologiques, sociales, financières ou spirituelles au crime vécu.

« Je vais prendre le temps d'appeler pour voir comment ils vont. Ça va permettre parfois de créer un premier lien de confiance, qui va les amener par la suite à porter plainte parce qu'ils ne se sentiront pas seuls dans le processus. [...] Ç'a été démontré, plus on intervient rapidement, moins il y a de chances de chroniciser la victimisation, donc quand on normalise rapidement ce qui est en train de se passer, la victime se sent plus apaisée, plus en sécurité. Ça permet de créer un lien de confiance pour la suite. »

- Jacinthe Béland, intervenante psychosociojudiciaire

En 8 mois pour 2019-2020, l'intervenante a déjà traité 823 rapports, contre 905 pour l'année complète en 2015-2016, année de la mise en place du projet. Elle était alors présente trois jours par semaine à Saint-Jean-sur-Richelieu et deux jours à la Régie intermunicipale de police Roussillon.

Elle peut offrir directement des services aux victimes à partir de 14 ans. Tous les services sont confidentiels et gratuits. Le type d'intervention change alors que les types des crimes évoluent aussi, avec l'arrivée de la technologie notamment. Davantage de services sont disponibles au bureau du CAVAC, au palais de justice.

Travailler ensemble pour aider

À l'aube du triste 30e anniversaire de la tuerie de l'École Polytechnique, les partenaires insistent sur les bienfaits de la mise en commun des ressources.

Le directeur du Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu, André Fortier, parle d'une excellente collaboration, notamment avec les enquêteurs. Les policiers ont maintenant le réflexe, si une victime se trouve au poste de police, de la référer directement à Jacinthe Béland afin qu'elle puisse intervenir le plus rapidement possible. La plupart des interventions se font dans les 48 à 72 heures.

« En 2018, on a eu une baisse de 21 % de nos crimes contre la personne, mais on voit que le travail de Jacinthe augmente. On accueille, on supporte davantage, les services sont de plus en plus connus au niveau des victimes, c'est le plus, c'est ce qu'on veut. »

- André Fortier, directeur du Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu

Grâce à une subvention du ministère de la Justice, il y a aussi une intervenante à la Régie intermunicipale de police Roussillon quatre jours par semaine, en plus des intervenantes toujours présentes dans les palais de justice.

Pour obtenir les services du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) dans votre secteur, consultez le répertoire.

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