Le vol à basse altitude en partie responsable d'un écrasement à Rougemont

Queue de l'épave d'un avion ultraléger suite à un accident à Rougemont, le 1er juillet 2019.

L'avion ultraléger qui s'est écrasé dans un verger de Rougemont, en Montérégie, le 1er juillet dernier, pourrait avoir eu un problème de moteur, ce qui aurait causé une perte d'altitude et aurait pu jouer un rôle dans la tragédie. C'est ce que révèle  le rapport d'enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST), rendu public hier.

 

L'avion a percuté des arbres du Domaine de Lavoie une dizaine de minutes après le décollage. Le pilote de 66 ans, Richard Bessette, de Mont-Saint-Grégoire, et son passager de 51 ans, François Robert, de Saint-Jean-sur-Richelieu, ont perdu la vie dans l'écrasement.

M. Robert avait acheté l'appareil le 9 janvier 2019 et prévoyait suivre la formation pour obtenir son permis de pilote d'avion ultraléger. Comme il ne le possédait pas encore, c'est son ami Richard Bessette qui a pris les commandes ce jour-là.

L'avion a initialement décollé de l'aérodrome de Saint-Hyacinthe vers 9h50. M. Bessette était seul à bord et tout s'est déroulé sans incident. Il est allé se poser à sa piste privée et M. Robert l'a rejoint en voiture dans le but d'ensuite effectuer un vol de plaisance. Les deux amis ont décollé vers 11h25 de la piste privée de M. Bessette selon les règles de vol à vue dans le secteur de Rougemont.

Selon le rapport, vers 11h33, l'appareil aurait survolé un verger à basse altitude, soit à moins de 200 pieds au dessus du sol, puis aurait changé de sens sans explication deux minutes plus tard et tourné en direction nord-est. C'est alors qu'il a encore perdu de l'altitude et est allé s'écraser dans les arbres du verger. Les premiers services d'urgence sont arrivés sur les lieux à 11h49 après avoir été appelés par une personne qui se trouvait près du site de l'accident.

La basse altitude de vol est un des facteurs principaux retenus pour expliquer l'écrasement. Toutefois, il est possible que l'avion n'ait pu voler plus haut en raison d'un problème de moteur. Lors de l'analyse de l'épave, les dommages à l'hélice ne démontraient pas les signes caractéristiques d’un impact avec rotation à haut régime. L’enquête n’a toutefois pas permis de déterminer si le moteur produisait de la puissance ou non lors de l’impact.

La trajectoire estimée de l'avion ultraléger qui s'est écrasé à Rougemont le 1er juillet 2019.

BST. La trajectoire estimée de l'avion ultraléger qui s'est écrasé à Rougemont le 1er juillet 2019.

Aucun signal de détresse envoyé

La météo était favorable et le pilote possédait les permis requis. Depuis 2016, il avait accumulé plus de 600 heures de vol sur des avions ultralégers, et avait effectué quelques vols aux commandes de l’avion à l’étude. Selon l’enquête du BST,  la fatigue ou d’autres facteurs physiologiques ne seraient pas en cause.

Aucun signal provenant de la radiobalise de repérage d’urgence (ELT) n’a été capté. L'avion en possédant toutefois une, même s'il n'y était pas tenu par la règlementation, mais la radiobalise n'était pas fonctionnelle au moment de l'accident, n'était pas conforme aux normes et les batteries n'ayant plus de charges.

L’aéronef ne présentait aucune anomalie connue. Des travaux de maintenance mineurs auraient d'ailleurs été effectués sur les carburateurs au printemps 2019 par le nouveau propriétaire, selon l'enquête, mais n'étaient pas inscrits dans le carnet. L'ultraléger n'était pas tenu non d'être équipé d’un enregistreur de données de vol, mais celui-ci aurait permis de déterminer la trajectoire exacte de l'appareil.

Message de sécurité

Même si la cause exacte de l'écrasement n'est pas clairement identifiée, le BST a lancé un message de sécurité dans son rapport. Il indique que voler intentionnellement à basse altitude augmente les risques d'accident puisque le champ visuel du pilote est ainsi réduit. Cela lui donne aussi moins de temps pour manoeuvrer et éviter les obstacles ou le relief en cas d'urgence.

« Dans certaines circonstances, un pilote peut décider, pour diverses raisons, d'effectuer des survols autour d'un point d'intérêt au sol. Si son attention est entièrement retenue par l'observation de cet objectif au sol, le pilote peut négliger le contrôle de la vitesse, le contrôle de l'inclinaison et l'augmentation du facteur de charge. De plus, le champ visuel du pilote est réduit à basse altitude. Par conséquent, le pilote a moins de temps pour manœuvrer et éviter les obstacles ainsi que le relief. Il est aussi reconnu que le vol à basse altitude réduit la marge de sécurité en cas de panne de moteur, de perte de maîtrise ou de tout autre imprévu, tout en augmentant le risque d'impact avec le sol ou avec un obstacle. »

- extrait du rapport d'enquête

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