Lock-out pour les 680 employés de l'entrepôt Jean Coutu de Varennes

Des syndiqués de l'entrepôt centre du Groupe Jean Coutu à Varennes ont fait la grève le 23 septembre.

L'entrepôt central des pharmacies Jean Coutu, à Varennes en Montérégie, est en lock-out depuis tôt ce matin. Les 680 employés syndiqués se sont heurtés à des portes closes en voulant entrer au travail tôt ce matin, après une grève de 24 heures.​

 

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses de l'entrepôt Pharmacie Jean Coutu, affilié à la Fédération du commerce-CSN, déplore ce qu'il qualifie de « coup de force inutile de l'employeur », alors qu'une rencontre de conciliation est prévue dimanche.

« Hier, on avait été clair que c'était un 24h de grève. La sécurité hier s'apprêtait à mettre des barrières, on a communiqué avec l'employeur pour savoir si c'était dans le but de nous mettre en lock-out et le procureur patronal nous avait mentionné que non, que c'était par mesure préventive. [...] Ce matin, en arrivant à l'entrepôt, les chauffeurs se sont heurtés à la porte, il était 6h. Théoriquement, s'ils étaient rentrés aujourd'hui, à l'heure où on se parle, il y a des pharmacies qui recevraient déjà leur approvisionnement. On ne comprend vraiment pas en quoi l'employeur a décidé ce matin de nous mettre en lock-out.

- Audrey Benoît, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l'entrepôt Pharmacie Jean Coutu

Le respect de l'ancienneté pour l'attribution des tâches et la formation pour obtenir de l'avancement sont au coeur du litige. Certains syndiqués avec 30 ans d'ancienneté seraient obligés de travailler les fins de semaine pour obtenir des postes de classe supérieure, selon la présidente. Les employés craignent aussi que l'employeur se tourne de plus en plus vers la sous-traitance avec l’arrivée de Brunet dans la famille Jean Coutu.

La présidente du Syndicat assure être prête à négocier dimanche et même avant, pour régler le tout au plus vite.

« Le but, c'est de négocier le plus rapidement possible pour avoir un contrat de travail qui représente le nouvel entrepôt qu'on a maintenant, parce que le contrat de travail qu'on a a été signé lorsqu'on était à l'entrepôt de Longueuil. Ce n'est vraiment pas la même réalité qu'on vit aujourd'hui. Nous, notre but, ce n'est vraiment pas de pénaliser personne au Québec, que les gens n'aient pas leurs médicaments ou quoi que ce soit, au contraire. »

- Audrey Benoît, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l'entrepôt Pharmacie Jean Coutu

Audrey Benoit est présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de l'entrepôt Pharmacie Jean Coutu.

Facebook Fédération du commerce. Audrey Benoît est présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de l'entrepôt Pharmacie Jean Coutu.

Pas de problème d'approvisionnement en vue, selon Jean Coutu

Ce lock-out n'aura pas d'impact sur l'approvisionnement des quelque 400 succursales de la province, alors que le Groupe Jean Coutu travaille à déployer son plan de contingence « afin de permettre l’approvisionnement en médicaments et en biens de première nécessité des pharmacies et des établissements qu’il dessert. »

Metro, maintenant propriétaire du Groupe Jean Coutu, déplore toutefois que les cadres n'aient pas pu entrer au travail pour appliquer ce plan, tôt ce matin, comme la loi le prévoit. Le syndicat confirme avoir procédé à du piquetage pacifique. L'employeur a toutefois obtenu une injonction et a finalement pu entrer.

La porte-parole de l'entreprise, Marie-Claude Bacon, explique que le lock-out est le fruit de « plusieurs moyens de pression jugées illégaux ». L'aide d'un conciliateur a été demandée il y a un an pour dénouer l'impasse et elle demande la bonne foi des employés dans ce dossier.

« Notre plan de contingence est solide et permet un approvisionnement efficace, il n'y a pas de crainte pour les clients. Toutefois, avec les moyens de pression des derniers mois et la grève d'hier, on ne peut opérer en pleine pandémie avec des arrêts de travail injustifiés des employés. Depuis tôt ce matin, nos cadres n'ont pas accès au centre de distribution et ils ont parfaitement le droit d'y être pour y accomplir le travail. Nous devons agir de façon responsable envers nos clients et les pharmaciens. Nous avons une rencontre de conciliation dimanche, nous négocierons de bonne foi et souhaitons une solution négociée dans le meilleur intérêt de chacun. » 

- Marie-Claude Bacon, porte-parole Métro-Jean Coutu

 

- Avec la collaboration de Jean-François Desaulniers, journaliste Bell Media Montérégie

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