MONTÉRÉGIE: À quand la relance de l'agrotourisme et de l'industrie du vin?

Vignoble l'Orpailleur-Plusieurs entreprises viticoles espèrent une reprise rapide de l'agrotourisme

Avec la réouverture des salles à manger de restaurants et restos-bar au 15 juin, les secteurs de l’agrotourisme et de l’industrie viticole espèrent toujours une reprise rapide de ce secteur puisqu’ils génèrent des retombées majeures en Montérégie et en Estrie.

En Montérégie, l’agrotourisme occupe une place importante avec des agritours, des centres d’interprétation, des fermes avec visites d’animaux et fermes agrotouristiques offrant divers produits et de l’éducation. On peut ajouter à cela les mielleries et les cidreries qui sont très fréquentées des touristes.  

Dans Brome-Missisquoi entre autres, on ignore dans combien de temps on pourra refaire la «Route des vins» qui regroupe pas moins de 20 vignobles et une centaine de partenaires touristiques.

Pour l'instant, la vente de vins sur place est permise mais il n'y a ni visite, ni dégustation, ni séance d'information à la ferme.

À la réouverture de ces entreprises, on ne sait pas si les pertes financières seront importantes et dans quelles conditions on pourra refaire les circuits gourmands.

Anne-Marie Lemire est co-propriétaire du vignoble Léon Courville  de Lac-Brome et présidente du comité consultatif de tourisme du CLD de Brome-Missisquoi.

Il faut savoir que Brome-Missisquoi compte la plus grande concentration de fermes agrotouristiques au Québec et l’on  y produit 60% des vins du Québec.

44% de ces entreprises sont de petites tailles et dépendent directement de l’agrotourisme.   

«Nous pouvons ouvrir la boutique pour la vente mais nous ne pouvons offrir aucune animation autour de la vente de vin: aucun flanage n'est permis ni visite, ni dégustation ou même passer du temps à prendre un pique-nique. Les gens qui visitent les vignobles veulent discuter du millésime, veulent goûter, ils veulent apprendre sur les produits en boutique. La SAQ a bien repositionné les vins du Québec sur les tablettes pour les mettre en évidence, c'est une bonne nouvelle. Par contre, actuellement, nous tapons du pied: pour 80% de nos ventes, il y a une dégustation et une expérience qui précédait la vente du produit. Si l'agrotourisme ne reprend pas, il faudra de l'aide»

Anne-Marie Lemire, copropriétaire du vignoble Léon Courville

Une industrie mobilisée

Chaque année, 200 000 personnes dont plusieurs touristes goûtent les vins de Brome-Missisquoi et en font la découverte. C'est sans compter les autres secteurs de l'agrotourisme en Montérégie où les visites génèrent une manne importante.

Évidemment, des viticulteurs, producteurs et le CLD Brome-Missisquoi de la région attendent à la fois le calendrier de la 2e phase de déconfinement et un plan de soutien financier à l’industrie

C’est le cas de Charles-Henri de Coussergues, co-propriétaire de l’Orpailleur à Dunham et président de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec.

«Il faut un équilibre entre santé publique et survie économique et pour le vin, c'est une expérience qu'il faut vivre quand on veut faire de l'achat local. Il nous semble que le gouvernement a déconfiné des secteurs qui étaient plus «délicats» à déconfiner que le nôtre en campagne. Nous n'avons pas les mêmes contraintes que pour un commerce en ville. Les pertes commencent à se faire sentir en juin, ca commence. Et il faut un échéancier pour embaucher le personnel. Il y a un 2000$ (la Prestation canadienne universelle) qui aide les gens mais il faut aussi un plan pour intéresser les gens à venir travailler avec nous pour 4 ou 5 mois.»

Charles-Henri de Coussergues, co-propriétaire du vignoble l'Orpailleur

 

 

 

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