MONTÉRÉGIE: De plus en plus de villes autorisent les poules urbaines

Poule

Même si des citoyens craignent les odeurs, les bruits, la maltraitance ou même des maladies, les villes de la Montérégie qui font le choix d'autoriser les poules urbaines sont de plus en plus nombreuses. Et les propriétaires en voient aussi des bénéfices, selon l'organisme Poules en ville.

 

Les plus récentes villes de la région à avoir adopté un règlement à cet effet en août, on compte La Prairie ainsi que les arrondissements du Vieux-Longueuil et de Saint-Hubert. Dans le cas du secteur de Greenfield Park, il semble y avoir des résistances. McMasterville pourrait aussi bientôt adopter un règlement autorisant les poules urbaines.

Chez les villes les plus connues qui ont une telle législation, selon Poules en ville, il y a Sorel-Tracy, Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly, Carignan, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Marc-sur-Richelieu.

À Saint-Jean-Baptiste, c'est sur la table à dessin et en discussion

Bon an mal an, une soixantaine de municipalités au Québec ont dit «oui», mais certaines réfléchissent à une possibilité de projet-pilote.  

Depuis plusieurs années, l'auteure et présidente fondatrice de Poules en ville, Louise Arbour, s'affaire à accompagner des administrations municipales et les groupes de citoyens dans leurs démarches diverses. Il y a même une formation en ligne et elle est bien souvent exigible dans les villes avant même de posséder des poules.

En plus d'écrire sur le sujet, Mme Arbour donne aussi des ateliers sur différents aspects, mais il y a encore certains obstacles.

« De très grandes villes les autorisent notamment Drummondville, Victoriaville, Gatineau et Terrebonne et beaucoup en Montérégie. Il y a des citoyens qui militent favorablement et ça change la donne: j'ai travaillé comme consultante et j'ai accompagné beaucoup de villes dans des projets-pilotes. Vous savez, les fausses croyances sont difficiles à changer et il y a des mentalités obsolètes.  Dans certains cas,  les municipalités veulent éviter la maltraitance, comme on a vu avec les usines à chiots, d'autres craignent la nuisance publique. Les S.P.A. s'inquiétaient au départ. Tout doit être fait dans un règlement avec des balises claires sur les poulaillers, sur les règles quant au nombre. Il y a une trentaine de groupes dans des villes du Québec qui veulent des poules avec qui je travaille. »

- Louise Arbour, présidente et fondatrice de Poules en ville

Dans la majorité des cas, dépendamment du cadre municipal, on tolère de 3 à 5 poules pondeuses mais des normes sont prescrites pour les dimensions et la confections des poulaillers urbains. D'ailleurs, le ministère de l'Agriculture MAPAQ a mis en ligne un guide avec des lignes directrices claires que l'on peut consulter ici.

Il est important de connaître les droits et devoirs qui accompagnent le désir d'avoir des poules. Il faut aussi s'informer de la grandeur du terrain nécessaire, de la distance par rapport aux lignes de propriété, des spécifications concernant le poulailler et de la disposition des déjections animales.

Dans certaines villes, les élus ont carrément décidé que ce n'est plus une priorité: à Laval, le dossier piétine après quatre ans de démarches. À Montréal, seulement quelques arrondissements permettent les poules, on parle de Rosemont-La Petite-Patrie et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Des bienfaits chez les jeunes élèves et les aînés

Louise Arbour remarque qu'en plus de la production d'oeufs que cela procure, il y a des bénéfices remarqués aux poules dans bien des villes: ceux d'éduquer ou de divertir les jeunes et les aînés.

L'organisme songe même à prendre de l'expansion puisque Mme Arbour ne peut faire seule tout le travail.

Mme Arbour croit même que le fait de passer un règlement sur les poules peut avoir un effet attractif ou dissuasif chez les citoyens avant de choisir la ville où ils vont s'installer.

À Saint-Hyacinthe, qui est une plaque tournante agroalimentaire, les poules urbaines sont toujours interdites. Un groupe s'est formé et demande une réglementation en ce sens, mais il faudra plus d'efforts, selon l'organisme.

« C'est bon pour le développement durable, c'est bon pour l'autarcie, c'est du bonheur pour les citoyens. À Saint-Hyacinthe, il y a un groupe qui est relativement jeune et il y a du travail à faire. Des demandes à la pièce ne pèsent pas lourds devant un conseil. Il y a la Faculté de médecine vétérinaire et il y a un travail à faire avec les organismes et les citoyens pour que le dossier avance. Il y a des municipalités où les groupes existent depuis 5 ans et le dossier n'avance pas. C'est une question de volonté citoyenne et politique. »

-  Louise Arbour, présidente et fondatrice de Poules en ville

Ville de Gatineau. Des poules en milieu urbain.

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