Rejets d'eaux usées: des villes de la Montérégie font piètre figure

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu invite ses citoyens à réduire la quantité d'eau potable utilisée puisqu'un déversement massif est prévu aujourd'hui dans la rivière Richelieu.

Plusieurs villes de la Montérégie ne font pas bonne figure quand il est question de déversements d'eaux usées, selon une liste de 50 d'entre elles rendue publique par la Fondation Rivières.  En 2019, la carte permet de constater que plus de 60 660 déversements ont eu lieu en province.

La Fondation Rivières explique sa méthodologie selon 4 portraits distincts: le nombre de déversements, l'indice d'intensité des déversements, l'indice d'intensité des déversements par habitant et le classement des 10 plus grandes villes.

Le réseau d'assainissement des eaux usées de Longueuil a, de loin, l'un des pires bilans en matière de déversements de tout le Québec. On estime que 1191 déversements ont eu lieu à Longueuil en 2019.

Longueuil obtient un indice d'intensité des déversements près de quatre fois plus grand que Laval, la seconde municipalité en lice.  Nous avons d'ailleurs tenter de contacter la Ville pour en savoir davantage sur les investissements à faire pour limiter ces rejets.

Saint-Jean-sur-Richelieu se trouve au sixième rang pour l'indice d'intensité des déversements au même moment qu' un déversement planifié est en cours dans la rivière Richelieu en raison de travaux à deux postes de pompage dans la rivière Richelieu. De mardi à jeudi, on estime que 45 millions de litres usées seront déversés dans la rivière. 

La Ville de Chambly doit à son tour faire un déversement le 2 novembre prochain.  

Les déversements surviennent la plupart du temps à la suite de grosses pluies et visent à éviter que les stations d'épuration ne débordent.

Les explications du directeur général de la Fondation Rivières, André Bélanger. 

«La première heure est la pire: il y a un nettoyage des tuyaux qui se fait. Quand il y a un débordement, il n'y a pas que les matières fécales qui se déversent mais des matières solides comme  les lingettes, les mégots notamment. L'idée n'est pas de pointer certaines villes mais de signifier aux gouvernements les endroits où il faut agir en urgence»

André Bélanger, directeur Fondation Rivières

Plusieurs villes doivent aménager des égoûts séparatifs

Plusieurs villes sont conscientes des impacts de ces déversements sur l'environnement mais des investissements massifs des gouvernements sont réclamés pour se doter d'un réseau d'égoûts séparatifs.  

La Ville de Longueuil entend réagir concrètement au palmarès de la Fondation Rivières sur les pires bilans en matière de déversements au Québec
 
Par courriel , Longueuil dit faire un suivi attentif de la situation et a d'ailleurs soumis son Plan de gestion des débordements au ministère de l'Environnement.

Les interventions proposées comprennent notamment l'ajout de deux bassins de rétention dans les secteurs du réseau où la majorité des débordements ont lieu.

Par ailleurs, la réalisation de travaux d'agrandissement et de mise aux normes du Centre d'épuration Rive-Sud et le Plan de gestion des débordements nécessiteront des investissements de 300 milliions de dollars.

Au chapitre des surverses, Saint-Hyacinthe se trouve au 15e rang des villes québécoises avec 1025 surverses en 2019.

Son directeur général de la Ville, M. Louis Bilodeau ne se cache pas que les infrastructures sont vieillissantes et que la Ville s'est récemment dotée de mécanismes pour contrôler les surverses.

Par contre, selon lui, le risque «0» de surverse est impossible puisque les investissements à apporter aux infrastructures seraient astronomiques.

«À Saint-Hyacinthe, nous sommes préoccupés par la situation. Mais d'empêcher tout déversement est impossible avec la technologie actuelle: il faut donc apprendre à les limiter et investir annuellement. Toutes les villes qui sont dans le top 25 sont des villes qui ont de l'histoire, dont Saint-Hyacinthe. Il y a longtemps, le développement s'est fait avec des égoûts unitaires avec les eaux grises, incluant une canalisation avec les eaux de pluie. Nous avons un passif de 101 kilomètres de conduites unitaires qu'il faut remplacer en égoûts séparatifs, nous y investirons des millions de dollars chaque année.  Mais il y a plus.  Avant, des employés se rendaient une fois par semaine aux ouvrages de surverse pour voir s'il y avait des débordements mais maintenant nous avons des débordomètres qui enregistrent les surverses. Ca nous permet une lecture continue et en temps réel sur 43 ouvrages à Saint-Hyacinthe. Il y aura encore des investissements pour la qualité de l'eau dans le triennal»

Louis Bilodeau, directeur général Ville de Saint-Hyacinthe

Avec la collaboration d'Audrey Folliot, journaliste BOOM FM Montérégie

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