Reprendre le sport en toute sécurité après un problème cardiaque

Le programme Ma vie à coeur est lancé pour aider à la réadaptation cardiovasculaire. Louis-Philippe Rivard, conjoint de Josée Boudreault (au centre), Dr André Rivard, cardiologue (arrière),
Geneviève Sauvé-Théberge, kinésiologue spécialisée du Sani et programme Ma vie à coeur, et Marcel Sanscartier, directeur du Sani de Brossard.

Il est maintenant possible de reprendre l'activité physique en toute sécurité à la suite d'un épisode lié à un problème cardiaque. Un nouveau programme spécialisé en réadaptation cardiovasculaire est maintenant offert aux deux centres sportifs SANI, à Brossard et Boucherville.

 

Pendant 12 semaines, en petits groupes de 6 à 8 personnes, les gens ayant subi notamment un infarctus, un pontage coronarien ou encore une angine de poitrine reprennent graduellement l'entraînement, encadrés par des professionnels. Ils sont supervisés par des kinésiologues spécialisés en réadaptation carddio-vasculaire, formés par le personnel du centre de cardiologie préventive de l'Hôpital Hôtel-Dieu de Montréal.

Le programme Ma vie à coeur a été mis en place par le directeur du club SANI brossardois, Marcel Sanscartier. Il a réalisé qu'une telle offre manquait sur la Rive-Sud après qu'un client ait soulevé le fait que les suivis étaient difficiles à obtenir après son congé de l'hôpital et les 12 semaines de suivi initial.

Toute personne à risque et souffrant notamment de haute tension, de diabète ou d'embonpoint est aussi éligible et peut participer au programme, dans une optique de prévention. C'est ouvert autant aux femmes qu'aux hommes, tout âge confondu.

« On discute avec eux, on fait une prise de pression artérielle et on lance le programme selon leurs spécifications à eux, à l'intérieur d'un petit groupe. Il y a un sentiment d'appartenance qui est très fort, et il y a aussi une individualisation qui fait en sorte que les gens se sentent vraiment concernés et sécurisés dans leur entraînement. »

- Marcel Sanscartier, directeur du club SANI de Brossard et initiateur du programme

Le directeur du centre sportif Sani de Brossard, Marcel Sanscartier, a initié le programme Ma vie à coeur.

Bell Média. Le directeur du centre sportif Sani de Brossard, Marcel Sanscartier, a initié le programme Ma vie à coeur.

Le but est d'accompagner les participants pendant autant de cycle de 12 semaines qu'il leur faut pour devenir autonome et savoir quels exercices faire et comment les faire. Ils portent une ceinture pectorale pendant leur entrainement, ce qui permet de mesurer leur niveau d'effort et leur rythme cardiaque en temps réel. 

Pour les personnes n'ayant pas subi d'épisode cardiaque mais désireuses de changer leurs habitudes, du travail sera fait sur divers facteurs modifiables comme le tabagisme, le surplus de poids, la sédentarité et le stress. Ces actions amélioreront considérablement leur qualité de vie par la même occasion.

Plus de décès chez les femmes

Les femmes sont malheureusement surreprésentées dans les statistiques alors qu'une femme meurt d'une maladie cardiaque toutes les 20 minutes et que c'est la première cause de mort prématurée chez les dames.

Elles sont aussi souvent plus sévèrement impactées lorsqu'elles sont victimes d'une crise cardiaque. Un fossé existe dans la recherche sur les femmes et les maladies du coeur, alors que plus des deux tiers des études cliniques portent seulement sur les hommes, selon la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.

Avec ce programme, Michel Sanscartier et Sani souhaitent aussi inviter les femmes, et les gens en général, à être plus à l'écoute de leur corps et à consulter davantage. Les symptômes d’une crise cardiaque passent inaperçus chez 53 % des femmes.

« Lorsque les dames ne se conscientisent pas elles-mêmes qu'elles ont une problématique et qu'elles repoussent cela, elles n'ont souvent pas de deuxième chance, alors que les hommes, leurs artères sont plus grosses, elles résistent beaucoup plus et reviennent à la santé. Les femmes, la tuyauterie est vraiment plus fine et les problèmes sont difficiles à détecter. »

- Marcel Sanscartier, directeur du club SANI de Brossard et initiateur du programme

Le programme est offert depuis décembre et déjà, 9 personnes sont inscrites. Leur participation est susceptible de diminuer le taux de réadmission à l'hôpital de 31 % et le taux de mortalité de 25 %.

L'animatrice Josée Boudreault, victime d'un AVC en juillet 2016, était du lancement du programme à Brossard ce matin. Sa situation rappelle l'importance d'apprendre à détecter les signes d'une crise cardiaque ou d'un AVC. Il faut retenir l'accronyme VITE , pour Visage affaissé, Incapacité à lever les deux bras normalement, Trouble de prononciation et Extrême urgence. Si vous reconnaissez ces signes, composez le 911.