Une coalition s'inquiète de la pub alimentaire qui cible les enfants

Aliments en formes d'animaux, personnages populaires, emballages attrayants: l'industrie alimentaire au Québec trouve le moyen de faire de la publicité qui cible les enfants en profitant de failles dans la Loi sur la protection du consommateur.

Aliments en formes d'animaux, personnages populaires, emballages attrayants: l'industrie alimentaire au Québec trouve le moyen de faire de la publicité qui cible les enfants en profitant de failles dans la Loi sur la protection du consommateur. (LPC)

C'est le constat que dresse la Coalition Poids dans un rapport présenté aujourd'hui. Il s'agirait du premier portrait depuis 40 ans, lorsque la LPC a adopté des articles qui interdisent la publicité commerciale visant les jeunes de moins de 13 ans. 

Ces dispositions québécoises n'incluent pas les vitrines, les étalages et les emballages. En six mois d'observation dans différents commerces, 469 emballages de produits alimentaires ciblant les enfants ont été recensés. Ce chiffre exclut les gommes, chocolats et bonbons. 

90% de ces produits sont des aliments ultra-transformés, riches en sucre, sel ou gras.  Il s'agit pour la plupart de collations, céréales et produits laitiers.

  • Plus de la moitié des emballages affichent un personnage populaire auprès des enfants comme la Pat’Patrouille, les Minions ou autres personnages d’Avengers ou Disney
  • 43% des emballages montrent des images référant à la magie, la fantaisie et l’aventure.
  • Près de 100 produits sont des aliments-jouets, moulés en forme d’animaux, de lettres ou de personnages.
  • Plusieurs compagnies modifient leurs emballages selon la période de l'année. 73 emballages conçus spécialement pour les fêtes d’Halloween et de Noël ont été recensés.
  • Des compagnies déclinent le même produit en plusieurs saveurs pour occuper plus d'espaces sur les tablettes. Par exemple, la Coalition Poids a répertorié 11 sortes de craquelins Goldfish et 15 sortes de biscuits Patte d’ours.

« Il devient difficile pour les parents de faire l’épicerie avec les enfants sans qu’ils soient constamment bombardés de publicités les ciblant, attirant ainsi leurs demandes répétées pour obtenir des produits qu’autrement ils n’auraient pas demandés. Pour les parents, il ne s’agit pas de devoir refuser l’achat d’un ou deux aliments, mais de devoir dire non à répétition  dans chaque allée et section, sans compter la fameuse file d’attente à la caisse remplie de bonbons à la hauteur des yeux des enfants. Ce n’est agréable pour personne, ni pour le parent, ni pour l’enfant, qui n’est pas conscient d’être manipulé par le marketing » - Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids

La restauration rapide ne laisse pas sa place

La Coalition Poids a aussi visité une vingtaine de restaurants familiaux et de type fast-food, populaires au Québec, en mars et avril dernier. 

De nombreux restaurants rapides offrent des jouets avec le repas pour enfants qui sont associés à des films ou des séries populaires. La plupart sont à collectionner durant une période de temps limité. 

Des établissements contreviendraient à la loi lorsqu'ils profitent du menu offert aux tout-petits pour publiciser des marques spécifiques comme Nutella ou Pogo.

La Coalition Poids demande au prochain gouvernement fédéral de légiférer pour compléter la Loi québécoise sur la protection du consommateur. Elle estime qu'une action à travers le pays doit être rapidement entamée pour freiner la multiplication des cas d'obésité et de maladies chroniques. 
 

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