Une fillette se serait fait mordre par un alligator à Sainte-Julie

Plusieurs Montréalais ont fait le saut en apercevant un alligator traverser la rue Jarry Est, près de l'avenue de Châteaubriand, dans le quartier Villeray, en décembre 2019.

L'alligator qui avait été vu se promenant en pleine rue à Montréal, le 15 décembre dernier, fait de nouveau parler de lui alors qu'il aurait mordu une fillette samedi, à Sainte-Julie, en Montérégie.

 

La Régie de police Richelieu-Saint-Laurent confirme avoir ouvert une enquête après que la mère de la fillette ait porté plainte, disant que l'alligator aurait mordu le pied gauche de l'enfant, dans une résidence de Sainte-Julie. Les enquêteurs en sont à valider les différentes versions des événements pour déterminer ce qui s'est réellement produit.

La fillette n'a pas été gravement blessée et n'aurait même pas été transportée à l'hôpital, mais un signalement a été fait à la police lundi, nous indique le sergent Jean-Luc Tremblay. Selon les conclusions de l'enquête, le dossier pourrait être déposé au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et des accusations pourraient être portées.

Diverses amendes pourraient aussi être données à la propriétaire du reptile appartenant à l'entreprise Repti-Zone en vertu de la règlementation municipale et provinciale en vigueur. La Ville de Sainte-Julie et le ministère de la Faune collaborent d'ailleurs avec la police.

La propriétaire dément la morsure

De son côté, la propriétaire de Repti-Zone jure que son alligator n'a jamais mordu la fillette de son conjoint et accuse la mère de celle-ci de faire de fausses déclarations, alors qu'elle n'était pas présente au moment des faits.

Émilie Gaudry assure que l'alligator était muselé et isolé dans la salle de bain le temps d'être remis dans sa boite de transport. En sortant de cette pièce, le reptile aurait traversé la cuisine en marchant et c'est là qu'il aurait accroché le pied de l'enfant.

L'alligator aurait eu peur et donné un coup de côté avec sa gueule et sa patte, qui n'auraient fait qu'égratigner le pied de la fillette de façon superficielle, selon la version de la jeune femme. Elle ajoute que son reptile n'est pas agressif et que depuis l'obtention de son permis de possession d'animaux exotiques, en 2008, elle n'a jamais été impliquant dans un incident lors de ses activités, qui incluent des fêtes d'enfants, des présentations dans des écoles ou dans des festivals.

Émilie Gaudry devait rencontrer les policiers ce matin pour donner sa version des faits. Elle compte aussi porter plainte contre la mère de l'enfant, qu'elle accuse de harcèlement et de multiples menaces à son endroit.

Interdit par le règlement municipal

Même si le règlement municipal l'interdit, l'alligator se trouve très souvent dans cette maison de Sainte-Julie avec sa propriétaire, dont le conjoint a des enfants. Émilie Gaudry se défend en disant que ses animaux y sont en transition vers Montréal, où elle réside et où se trouve leur enclos et environnement de vie.

Ce n'est pas la première fois que des actions sont prises par la Ville pour tenter de faire sortir les reptiles exotiques de la maison. Les inspecteurs municipaux ont visité la résidence quatre fois dans le dernier mois seulement. La mairesse, Suzanne Roy, en a assez et demande à ce que le règlement soit respecté.

« C'est sûr que la notion de transition, on peut l'inventer, on peut dire qu'on passe une heure là-bas, quatre fois par jour. On a reçu plusieurs plaintes dans ce cas-là et nous sommes intervenus. Quand on nous refuse l'accès à la résidence, généralement, ce n'est pas parce que les animaux ne sont pas présents. [...] Quand on va visiter une résidence, ils ont obligation d'ouvrir parce qu'ils peuvent avoir des amendes, et c'est  ce qui va se produire chaque fois qu'il y aura un refus. »

- Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie

Un constat d'infraction de 250 $ sera acheminé sous peu à la propriétaire de Repti-Zone, qui nous a déjà indiqué qu'elle comptait bien le contester. Selon Émilie Gaudry, ses permis l'autorisent à amener ses animaux n'importe où dans le cadre des activités de l'entreprise, pour de courtes périodes. Elle s'explique mal que la Ville l'invite à faire des démonstrations de reptile, mais continue de lui donner des constats pour la garde de ceux-ci sur le territoire.

Le ministère de la Faune prend les choses au sérieux

Dans un courriel adressé à notre service de nouvelles, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dit prendre la situation très au sérieux et recueille diverses versions des faits. Une analyse complète du dossier est en cours pour déterminer s'il y a matière à enquête ou non.

La porte-parole Catherine Ippersiel assure que le ministère est préoccupé par la sécurité des citoyens et qu'à la suite du signalement, les agents de la Faune ont rencontré les plaignants pour recueillir des informations.

 Elle ajoute que d’autres vérifications seront effectuées dans les prochains jours afin de comprendre les circonstances ayant menées à la morsure.

Après des vérifications diligentes, le ministère a pu confirmer que l’entreprise détient un Permis professionnel de garde d’animaux pour la réalisation de ses activités de présentation d’animaux dans le cadre d’expositions, de spectacles ou de production audiovisuelles.

- Avec la collaboration de Jean-François Desaulniers, journaliste Bell Media Montérégie

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