Vaccination obligatoire repoussée d'un mois dans le réseau de la santé

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Québec repousse d'un mois, soit au 15 novembre, l'entrée en vigueur de la vaccination obligatoire dans le réseau de la santé. Le gouvernement estime que la suspension sans solde d'environ 22 000 employés non adéquatement vaccinés aurait eu des conséquences trop lourdes.

Urgences surchargées, fermetures de salles d'opération, suspensions de services de soins à domicile: après l'étude de différents scénarios, le ministre de la Santé Christian Dubé a dû se rendre à l'évidence quant aux impacts de l'application du décret gouvernemental dès vendredi, comme prévu.

« Si on continue comme ça, on va foncer dans un mur (...) Le risque en ce moment est trop élevé et ce serait irresponsable de jouer aux dés avec la santé des Québécois. »

La suspension des employés non vaccinés s'ajoute à une pénurie de personnel déjà bien présente et documentée dans le réseau de la santé. 

La sous-ministre adjointe Lucie Opartny a expliqué que l'entrée en vigueur immédiate du décret aurait forcé la fermeture de 600 lits de courte durée, des réductions de services de 35% en CHSLD et la fermeture de 35 salles d'opération à travers la province. Les services en santé mentale, de soins à domicile et à la Direction de la protection de la jeunesse auraient aussi écopés. 

Le ministre Dubé ne souhaitait pas non plus avoir recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) pour combler l'absence de milliers de travailleurs. Il a rappelé s'être engagé à se départir de cette pratique.

Les employés du réseau de la santé qui ne sont pas adéquatement vaccinés devront se soumettre à un test de dépistage trois fois par semaine, au minimum, dès lundi. Ceux qui ne recevront pas leurs deux doses d'ici au 15 novembre seront aussi privés des différentes primes COVID offertes par le gouvernement. 

De plus, la vaccination sera un critère d'embauche pour tous les nouveaux employés du réseau de la santé.

L'obligation pour les visiteurs de présenter un passeport vaccinal pour accéder à un milieu de soins demeure en vigueur. 

Le taux de vaccination augmente

Actuellement, 96% des employés du réseau de la santé ont reçu au moins une première dose de vaccin. Il s'agit d'une augmentation de 5% depuis le mois d'août.

Le ministre de la Santé estime qu'à ce rythme, 7000 travailleurs supplémentaires pourraient être adéquatement vaccinés d'ici 30 jours.

« Nous vous tendons la main et nous espérons sincèrement que vous allez la saisir. Svp, faites-le d'abord pour vous, vos proches, sinon faites-le pour vos collègues qui ont besoin de vous. On a tous le droit de changer d'idées quand on le fait pour la bonne raison.»

- Christian Dubé, ministre de la Santé

Québec espère que la suspension du permis de pratique annoncé par les différents ordres professionnels (médecins, infirmières, inhalothérapeutes, pharmaciens, infirmières auxiliaires) poussera certains récalcitrants à changer d'avis.

François Legault a appuyé la décision lors de son arrivée au conseil des ministres. «Je pense que quand on regarde la balance des inconvénients, c’était la décision responsable à prendre.» a déclaré le premier ministre, en ajoutant qu'il n'y avait «rien de parfait».

La porte-parole en matière de Santé du parti Libéral, Marie Montpetit critique vertement la décision du gouvernement caquiste.

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal invite le gouvernement à «tirer des leçons de cet échec et arrêter l'improvisation».

De son côté, le chef du Parti québécois Paul St-Pierre-Plamondon est satisfait de cette prise de position. 

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