Rapport Laurent sur la DPJ: Les attentes sont grandes

enfant violence

Le rapport Laurent sur la refonte de la protection de la jeunesse sera dévoilé ce lundi après-midi, à Montréal. La commission d'enquête publique a été mise sur pied à la suite du décès de la fillette de Granby, en avril 2019.

L'enfant de 7 ans avait succombé aux nombreux sévices infligés par son père et sa belle-mère. L'homme de 31 ans et la femme de 37 ans, qui ne peuvent être identifiés en raison d'une ordonnance de non-publication, sont d'ailleurs en attente de leur procès, notamment pour des accusations de meurtre, négligence criminelle et séquestration.

Dans des conclusions préliminaires, présentées cet automne, il avait été question de la création d'un poste de Directeur national de la protection de la jeunesse. Catherine Lemay, qui était la PDG du CISSS de la Montérégie-Est, occupe cette fonction depuis mars.

À quelques heures du dépôt, les attentes sont grandes. Parmi celles de la directrice générale de la DPJ Montérégie, Marie Josée Audette, il faudrait que toutes les instances travaillent de façon concertée pour constituer un filet de sécurité pour les enfants en situation de vulnérabilité. 

«Tous les établissements ainsi que tous les partenaires, sur le plan communautaire et scolaire, devraient travailler autour d'un projet commun. À ce moment-là, on réussira à franchir un pas important. Mais au-delà de la protection, il faudra aussi s'assurer que nos enfants vont être vraiment [traités] dans une perspective de mieux-être

Marie-Josée Audette, directrice générale de la DPJ Montérégie

Pour sa part, Me Valérie Assouline, spécialisée en droit de la jeunesse, juge que rien n'a changé depuis la mort de la petite martyre, il y a deux ans presque jour pour jour.  Selon la procureure de SOS Avocats, l'enfant devra être davantage pris en compte dans chacune des décisions de la DPJ, et les parents devraient non seulement être écoutés, mais aidés vraiment.

 

«Les décisions prises par la DPJ changent l'ADN d'un enfant, changent l'ADN d'une famille. Il faut des investissements dans la formation, ça ne peut plus attendre.»

Me Valérie Assouline, avocate spécialisée en droit de la jeunesse

Elle juge qu'il faudrait aussi humaniser l'organisme et réduire la bureaucratie ainsi qu'ajouter plus de ressources sur le terrain. Il manquerait de juges, les délais pour obtenir des dates de cour s'allongeraient selon l'avocate.

L'imputabilité, absente à la DPJ, devrait être aussi une obligation en cas d'erreur, quelle qu'elle soit, comme partout ailleurs dans le réseau de la santé. 

 

 

 

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