Bals des finissants : le milieu scolaire de Drummond gronde

Graduation (iStock.com Milkos)

Le milieu scolaire du grand Drummond ne décolère pas face à l'annonce de l'annulation des bals de finissants de 5e secondaire.

La Santé publique a annoncé en début de semaine que ce type de rassemblement était encore jugé "à risque" et qu'elle les interdisait partout au Québec, peu importe le palier de couleur de la région. De petites cérémonies seront permises sur les heures de classe, à l'école et dans le respect des bulles. Les parents ne pourront y assister.

TRISTESSE ET COLÈRE

Plusieurs finissants Drummondvillois ont réagi fortement sur les réseaux sociaux au cours des derniers jours témoignant de scènes de tristesse et de colère.

Les jeunes ne comprennent pas qu'avec l'avancée de la campagne de vaccination et le plan de déconfinement les bals de finissants soient écartés. Ils réclament un événement plus "festif" et "permissif" pour compenser avec les sacrifices imposés dans la dernière année notamment sur le port du masque, l'école à distance et les nombreuses interdictions.

Plusieurs, appuyés par le personnel scolaire, dénoncent le fait que des cérémonies et événements moins restrictifs ont pu se tenir l'an dernier à la même période alors que la situation de la pandémie de COVID-19 était plus difficile.

Le directeur général du Collège St-Bernard, Dominic Guévin, abonde dans le même sens et dénonce cette décision.

CCID - Gracieuseté

Voici sa lettre ouverte sur le sujet :

ÉDITORIAL DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DU CSB

Au nom des finissants-es,

Je demande à la Santé publique d’ajuster sa position en toute logique avec les autres mesures en place. J’ai accueilli, telle une douche froide, les directives entourant les activités de finissants. En tout respect pour les dirigeants qui doivent prendre bon nombre de décisions difficiles en cette période trouble, je crois que ces élèves méritent qu’on soit davantage créatifs afin de les célébrer avec plus d’apparat que ce qui a été annoncé. Les élèves vivent cette décision avec des sentiments partagés entre la colère, la déception, la tristesse, mais surtout avec beaucoup d’incompréhension, car ils ont fait preuve de grande résilience en plus de devoir faire de nombreux sacrifices au cours de la dernière année.

Il faut distinguer le bal des finissants de la cérémonie de diplomation. Tout le monde s’entend sur le fait que la tenue d’un bal de finissants (souper, danse) avec des centaines de personnes n’est pas possible et les jeunes en sont bien conscients. Toutefois, de limiter les écoles à organiser des événements de diplomation d’une simplicité réductrice sur les heures de classe est quasi insultant autant pour les élèves que leurs parents.. Une cérémonie de diplomation est un rite de passage important qu’on ne peut sous- estimer. Le décorum qu’on y met marque la fin d’un chapitre de ces jeunes et leur entrée vers le monde des adultes. On est très loin du glamour quand vient le temps d’enfiler un complet ou une robe dans les toilettes d’un gymnase afin de recevoir son diplôme dans une cérémonie limitée à la bulle-classe sans la présence de ses proches ? Au moment où les parents ont joué un rôle crucial pour soutenir et accompagner leur enfant à poursuivre avec détermination leurs études dans des conditions particulières, les directives de la Santé publique demandent à ce que les parents soient exclus des cérémonies de diplomation.

Je demande au gouvernement d’appliquer les règles sanitaires en toute logique. Il ne s’agit pas de bénéficier d’un passe-droit pour les cérémonies de diplomation, mais bien de pouvoir bénéficier des mêmes règles du jeu que les autres organisateurs d’événements. S’il est permis au Québec d’organiser des spectacles extérieurs de 2500 personnes, alors pourquoi ces cérémonies de moindre envergure dans un environnement très contrôlé sont limitées à la bulle-classe? Il est illogique d’exclure d’emblée cette possibilité pour ces jeunes qui le méritent tant. Le personnel des écoles est très créatif, permettons leur de mettre en place des activités à la hauteur des efforts consacrés par leurs élèves. La situation épidémiologique du Québec est en bonne posture, la campagne de vaccination bat son plein avec des taux plus que respectables, je considère que les mesures ne sont pas en accord avec la situation actuelle. À pareille date l’an passé, nous jouissions de mesures plus favorables permettant la tenue de cérémonie de diplomation dans un cadre unique et en tout respect des règles sanitaires. Le gouvernement a mis l’éducation au cœur de ses décisions depuis le début de cette pandémie, que s'est- il passé depuis?