DRUMMONDVILLE : La SQ débarque chez lui pour le forcer à rentrer au travail

SQ

L'hôpital Sainte-Croix de Drummondville offre ses excuses à son employé chez qui la direction a envoyé des policiers pour le forcer à entrer au travail la fin de semaine dernière. 

Mathieu Roy, 22 ans, travaille comme aide de service et il avait décidé de prendre une journée congé en raison de problèmes de santé. Un de ses supérieurs ne l'entendait pas de cette façon et a appelé la Sûreté du Québec.  

Les policières se sont présentées à 2h45 du matin dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Elles affirment avoir reçu un appel d'une "personne en autorité" du CIUSSS MCQ dénonçant son absence au travail et affirmant avoir besoin de lui. Les policières auraient même forcé M. Roy à téléphoner à la "personne en autorité" devant elles.

L'affaire a rebondi à l'Assemblée nationale. La ministre de la Santé, Danielle McAnn, a qualifié la situation d'inacceptable et d'intolérable. 

La situation est aussi dénoncée par le Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS de la Mauricie/Centre-du-Québec.


Pascal Bastarache

Pascal Bastarache est président du  Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS de la Mauricie/Centre-du-Québec.

"C'est complètement absurde en 2019 qu'un service de police se rende directement à la maison et qu'il fasse pression pour un employeur pour que la personne rentre travailler. C'est absolument inacceptable. On a déjà eu des échanges avec le bureau de la ministre de la Santé, madame McCann. Ils sont bien au fait de la situation, on attend des nouvelles."

M. Bastarache estime que M. Roy sera tout en droit d'intenter des recours juridiques dans cette affaire. Le syndicat s'attend par ailleurs à ce que le CIUSSS MCQ pose des actions concrètes contre ce type de mesure.

"Pour nous cette situation est inacceptable. Il s’agit d’une erreur isolée puisque ce n’est absolument pas une pratique reconnue par l’établissement au niveau de la gestion des ressources humaines. Nous avons contacté l'employé pour lui offrir nos sincères excuses. Notre priorité #1 c’est notre capital humain. En ce sens, nous nous sommes assurés que la situation ne se reproduise pas. Le gestionnaire en question a été rencontré et un courriel a aussi été envoyé à tous les gestionnaires pour rappeler les bonnes pratiques." - Julie Michaud, agente d'information CIUSSS MCQ

La Sûreté du Québec affirme de son côté être intervenue, car la demande semblait sérieuse.