Électrification du transport scolaire : de la grogne à Drummondville

Autobus scolaire

Le Programme d'électrification du transport scolaire (PETS) du gouvernement du Québec fait des mécontents à Drummondville.

Les entreprises Autobus Girardin et Autobus Thomas dénoncent le fait qu'ils soient mis à l'écart de ce vaste projet.

Le programme, doté d'une enveloppe de 250M$, vise l'électrification du transport scolaire d'ici 2030. Il accorde une subvention de 150 000 $ par véhicule pour l'achat d'autobus électriques fabriqués au Canada.

Le problème, c'est qu'Autobus Girardin et Autobus Thomas font tous les deux des affaires avec des partenaires américains. Ils sont donc exclus de l'entente.

En fait, une seule entreprise d'envergure au Québec, basée à Saint-Jérôme, pourrait se prévaloir de ce programme particulier du gouvernement du Québec.

Plusieurs intervenants du monde du transport scolaire au Québec dénoncent ce quasi-monopole.

Michel Daneault est vice-président Ventes et service - Est du Canada pour Autobus Girardin et Véronique Dubé est vice-présidente d'Autobus Thomas.

 

" Pour accélérer le déploiement des autobus scolaires électriques et la réduction des GES (gaz à effet de serre), le gouvernement à décider, pour y arriver, d'exclure volontairement 3 des principaux joueurs qui détiennent 99% des parts de marché des véhicules scolaires au Québec. En voulant s'attaquer directement à notre fabricant, le premier ministre prend directement nos emplois et nos entreprises. Ce sont ces entreprises-là qui vont être mises à risque."

Autobus Girardin 9496 sur les 9633 (99%) autobus scolaires qui sillonnent les régions du Québec à chaque jour ont été vendu par et sont supportés par Autobus Thomas (Thomas), Leeds Transit (IC) et Girardin (Blue Bird).

 

UNE INTERDICTION QUI FERA MAL

Par ailleurs, Autobus Girardin et Autobus Thomas souffriront aussi du fait que Québec interdira, dès le mois d'août, la vente de véhicules à combustion dans le transport scolaire. Les entreprises sont déjà liées par des ententes et des engagements financiers pour la livraison d'autobus scolaire pour 2021-2022.

Si aucun changement n'est apporté au règlement, les entreprises seront aux prises avec un inventaire qui représentera des pertes financières considérables.

Autobus Girardin embauche quelque 600 personnes à Drummondville. Pour Autobus Thomas, il s'agit d'une cinquantaine d'emplois. Pour les deux entreprises, il est clair qu'il sera question de pertes d'emplois si Québec ne change de cap sur son Programme d'électrification du transport scolaire.

Autobus Thomas

 

DEUX DEMANDES IMPORTANTES

L'industrie du transport scolaire demande à Québec de modifier son Programme d'électrification du transport scolaire afin d'y inclure tous les autobus scolaires électriques de marques ayant une place d'affaires importante au Québec.

Elle demande aussi que l'échéancier du Programme soit révisé pour tenir compte des inventaires des entreprises pour que tous les véhicules vendus avant le 31 décembre 2021 ne soient pas assujettis.

Les deux entreprises ont notamment l'appui de la Ville de Drummondville et la Société de développement économique de Drummondville.

Le maire de Drummondville, Alain Carrier, a d'ailleurs fait part de son mécontentement au premier ministre du Québec, François Legault ainsi que deux députés caquistes de la région (Drummond/Bois-Francs et Johnson), Sébastien Schneeberger et André Lamontagne.