Aide alimentaire : Plusieurs usagers vivent de l'insécurité grave en Estrie

Comptoir Alimentaire Drummond - panier épicerie I Stock Kritchanut

Une étude menée entre 2018 et 2020 par la Chaire de recherche du Canada Approches communautaires et inégalités de santé (Chaire CACIS) révèle que 58 % des Estriens qui ont recours à l’aide alimentaire sont en situation d’insécurité alimentaire grave.

Concrètement cela signifie que ces personnes sont parfois privées de nourriture pendant une journée entière, ce qui peut mener à une perte de poids non désirée.

« Les gens tardent à venir chercher de l’aide. Les premiers commentaires que l’on a souvent à une première demande, c’est ‘’j’aurais dû venir avant ce moment-là’’ », commente Geneviève Côté, directrice générale de Moisson Estrie. « Le message est de ne pas attendre d’être rendu à l’extrême pour demander de l’aide. »

L’étude PARCOURS, qui a suivi 1 000 nouveaux usagers d'aide alimentaire dans une centaine d’organismes répartis dans quatre régions de la province, dévoile également que plus du trois quarts des demandeurs estriens ont un revenu annuel inférieur à 20 000 $.

Ces données viennent confirmer la réalité vécue sur le terrain, selon la directrice générale de Moisson Estrie Geneviève Côté : « Ça permet de valider la perception que l’on a directement sur le terrain en côtoyant les gens dans le besoin. Ce qui est épeurant, c’est de chiffrer le tout de façon statistique. »

Cette étude, qui a été réalisée avant la pandémie, sera poursuivie dans les prochaines années. Mme Côté appréhende le « après pandémie ». Les données actuelles pourraient être amenées à augmenter.

« Déjà on commence à vivre ici en Estrie des conséquences plus à long terme », conclut-elle.