Détresse psychologique en hausse chez les hommes de l'Estrie

Homme en détresse

En Estrie, les organismes d'aide sociale chez les hommes ont enregistré une hausse de 20% des appels pour des hommes en détresse psychologique depuis le début de la pandémie. Pour le mois de décembre, c'est plutôt une augmentation de 42% comparativement à l'année précédente. 

En lançant la campagne « T’as le droit de ne pas bien aller », le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et la dizaine d’organismes du Collectif Santé et Bien-être des hommes de l’Estrie visent à mieux faire connaître les services de soutien psychologique offerts aux hommes de l’Estrie ainsi que la façon d’y accéder. 

Cette initiative découle, entre autres, du besoin exprimé par les hommes dans un sondage SOM réalisé par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS en juin 2021, auquel près de 400 hommes de la région ont répondu.

Les données reccueillies parlent d'elles-mêmes. En effet, 3 Estriens sur 5 estiment que la pandémie a eu un impact négatif sur leur vie, ainsi que sur leur santé sociale et psychologique. De plus, 4 hommes sur 10 rapportent avoir de la difficulté à s'adapter à cette situation et de chercher des moyens pour passer à travers ou trouver des solutions. 

Cette étude a été effectuée auprès d'hommes de plusieurs tranches socio-démographiques, dont des jeunes adultes ou des hommes célibataires, par exemple. D'ailleurs, 65% des gens sondés estimaient ne pas connaitre les services à leur disposition, tels que le CIUSSS ou les organismes communautaires qui leurs sont offerts.

Plusieurs difficultés vécues par les hommes ont été retenues au cours des 2 dernières années. Entre autres, les services sociaux soulignent les problèmes vécus dans les relations amoureuses, les problèmes familiaux, les difficultés financières ou les enjeux avec leur emploi, par exemple. 

« Comme l'homme a plus tendance à tenter de s'organiser par lui-même, c'est sur qu'il se retrouve à vouloir vivre ça par lui-même », a déclaré Ricky Chabot, assistant à la coordination professionnelle Info-Social/Urgence Détresse Régional/Équipe mobile d'intervention psychosociale (ÉMIP), au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « L'homme se met beaucoup de pression aussi sur le fait qu'il doit pourvoyer à la famille, qu'il doit être fort pour les enfants. Donc quand on se retrouve sans emploi ou en rupture amoureuse, c'est sur qu'on est loin de l'image qu'il avait de lui-même, d'être un père et un conjoint. C'est très difficile pour lui de mettre l'orgueil de côté pour décider de s'ouvrir, ce n'est pas évident pour eux. »

La population est également invitée à garder l'oeil ouvert. Certains hommes de leur entourage pourraient présenter certains signes de détresse, et une simple conversation avec ceux-ci pourrait leur être des plus bénéfique.

RESSOURCES À CONTACTER

Les hommes ou les proches d'hommes vivant des difficultés psychologiques peuvent composer  le 811, option 2. Des professionnels spécialement formés pour les aider sont à leur disposition 24h/24, 7 jours sur 7. Ce service d’écoute, d’intervention et de référence est gratuit et confidentiel.

« Si vous êtes un homme, donnez-vous le droit de ne pas bien aller. Vous avez perdu votre emploi? Vous vous êtes séparé, avez des problèmes conjugaux ou familiaux? Avant de frapper un mur, appelez le 811, option 2. Il n’y a pas de honte à ça », a mentionné Ricky Chabot.

Les hommes peuvent également visiter le santeestrie.qc.ca/aide ou le santeestrie.qc.ca/help pour connaître les ressources d’aide de la région.