Le sort de Jean-Luc Ferland sera connu le 6 juin prochain

Palais de justice Drummondville

Jean-Luc Ferland est revenu devant le tribunal aujourd'hui afin de savoir s'il sera déclaré comme délinquant à haut risque ou non. Le 8 février dernier, il a été trouvé non criminellement responsable du meurtre de sa mère Suzanne Desjardins, survenu en juillet 2020 à Drummondville. 

Après avoir entendu les témoignages de la Couronne et de la Défense, le juge Mario Longpré a choisi de reporter sa décision au 6 juin prochain afin qu'il puisse analyser en profondeur les éléments présentés.

Ce matin, les psychiatres attitrés à l'évaluation de M. Ferland, soit la Dre France Proulx et le Dr Samuel Gauthier, de même que la criminologue Sabrina-Kimberly Allard, ont tous exprimé le même avis: Jean-Luc Ferland présente plusieurs facteurs de récidive violente. Reprenant les mots des experts, le procureur de la Couronne, Me Kevin Mailhot affirme que « Monsieur représente un risque important de danger à la société. »

Par ailleurs, le Dr Gauthier a soutenu que Jean-Luc Ferland a une fascination marquée pour les armes blanches et en avait fait une collection avant le meurtre de sa mère. 

L'accusé a d'ailleurs fait plusieurs demandes pour reprendre possession de ses armes depuis son admission à Pinel. Il s'est notamment servi d'une épée de type gladius pour poignarder plus d'une dizaine de fois Mme Desjardins le 26 juillet 2020.

Toujours dans l'évaluation psychiatrique de l'accusé, les experts rapportent que M. Ferland « manque d'empathie face aux crimes commis et leurs conséquences ». Rappelons qu'il souffre de schizophrénie, du syndrome d'Asperger et présente des symptomes de troubles mentaux sévères. Le Dr Gauthier estime que Jean-Luc Ferland devra effectuer un minimum de 2 à 3 ans de travail intensif avec des spécialistes avant que son état mental ne s'améliore. 

Par ailleurs, la Couronne a laissé entendre à plusieurs reprises que ce n'est pas la première fois que l'accusé posait des gestes à caractère violent.  « M. Ferland, au fil des années, a plusieurs antécédants à son actif, ou des dossiers qui se sont terminés par une non responsabilité criminelle, entre autres en violence », a indiqué la Couronne. Ce facteur, parmi tant d'autres, justifierait son statut de délinquant à haut risque, si le juge en décide ainsi.

FERLAND TÉMOIGNE

Jean-Luc Ferland est monté au banc des témoins pour y lire une lettre rédigée à l'intention du juge Mario Longpré. 

Dès les premières lignes, il a indiqué qu'il refuse catégoriquement d'admettre les diagnostics et les conclusions tirées dans ses évaluations psychiatriques. « Je veux faire part de mon insatisfation au sujet de la demande d'accusé à haut risque. Je ne me reconnais pas là dedans. Je suis quelqu'un de pacifique qui ne veut pas faire de mal à personne. Au contraire, je veux faire le bien autour de moi », a-t-il souligné. 

L'accusé a admis que le geste qu'il a posé sur sa mère était inacceptable. Lors de son séjour à l'Institut Philippe Pinel, il affirme avoir pris de la confiance en lui-même. De la médication appropriée lui aurait été administrée depuis son arrivée à Pinel, et c'est pour cela qu'il serait prêt à réintégrer la société. 

Lorsqu'il a poignardé sa mère à mort, M. Ferland ne prenait plus de médicaments. Selon lui, c'était Mme Desjardins qui l'avait persuadé à arrêter de prendre sa médication. Or, aujourd'hui, l'accusé se dit prêt à prendre toute la médication nécessaire et à suivre les thérapies proposées par ses médecins s'il est libéré.

Questionné à savoir ce qu'il dirait si on lui demandait d'arrêter ses médicaments, il a répondu qu'il refuserait. « Les médicaments, cest la muraille contre les tragédies. »

Jean-Luc Ferland a fait part de ses remmords quant aux actes qu'il a entreprises en juillet 2020. « J'en revenais pas que j'ai tué ma mere. C'est sur que je ne pourrai pas réparer ça. La seule réparation que je pourrai faire, c'est de continuer mes thérapies et de prendre mes médicaments. »

DÉFENSE

En réponse aux propos de la Couronne, l'avocate de la Défense, Me Catherine Levasseur, a plutôt soutenu que son client reconnaissait les dommages qu'il avait causés. « Vous avez un individu qui a conscience de sa maladie. Il est capable de nommer le diagnostic sans même hésiter. Plus que ça, il vous nomme des pistes de solutions. »

Cette dernière a par ailleurs affirmé que M. Ferland présentait plusieurs remmords, et que, contraiment à des accusations dans le passé, il démontrait un certain intérêt à suivre des thérapie et à réintégrer la société avec un strict encadrement.

La suite des procédures se tiendra le 6 juin prochain au Palais de justice de Drummondville.