Une cinquantaine d’enfants sans logement à Sherbrooke

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Au lendemain du 1er juillet, valse annuelle des déménagements, la situation a de quoi inquiéter : 73 ménages (dont une cinquantaine d’enfants) sont sans logement à Sherbrooke, selon l’Association des locataires de Sherbrooke.

De plus, les entrepôts loués par la Ville pour entreposer les biens des ménages dans cette situation sont pleins. « Heureusement, on a réussi à ajouter des places grâce à une entente hier avec les hôteliers. Par contre, c’est sûr qu’il ne reste plus de place dans les entrepôts » indique le porte-parole de l’organisme, Mario Mercier.

Ce dernier indique que la situation change rapidement : « Ça change d’heure en heure, car c’est à la pièce. On dit 73 ménages, mais en vérité, ce sont 73 dossiers qui évoluent chacun à leur rythme ».

La classe moyenne

Parmi les gens qui se retrouvent sans logement, on retrouve désormais des gens de la classe moyenne. Auparavant, c’était davantage des gens qui avaient un très faible revenu ou qui étaient sur le point d’être en situation d’itinérance selon M. Mercier. Maintenant, le portrait change : « Il y a deux parents qui ont de bons revenus, qui n’ont pas besoin d’allocation pour leur repas… mais il n’y a pas de logements assez grands pour eux et leur famille de disponibles », illustre le porte-parole.

Explosion des prix

Au-delà de la disponibilité, il y a aussi la question du prix. Si le prix moyen des logements a augmenté de 12% entre 2020 et 2021 pour la région métropolitaine de Sherbrooke, il semble que la situation s’accélère à ce moment-ci de l’année. Mario Mercier constate qu’un même genre de loyer, affiché à 600$ il y a deux mois, l’est maintenant à 900$.

Ainsi, trouver un logement ne signifie pas le bonheur. Pour certains, c’est un soulagement, car cela signifie qu’ils évitent de se retrouver à la rue. En revanche, les conditions dans lesquelles ils se retrouvent ne sont pas toujours adéquates. Certains doivent accepter de consacrer jusqu’à 80% de leur budget mensuel pour le loyer.

« S’ils ne sont pas à la rue maintenant, ils risquent de s’y retrouver bientôt lorsqu’ils seront en défaut de paiement », déplore le porte-parole.

Il y a également la condition des loyers. M. Mercier indique avoir installé des gens dans des endroits où « le toit était défoncé et la galerie était sur le bord de s’écrouler ». « Jamais je n’aurais déménagé là ! », indique l’homme.