Une entreprise de l'Estrie choisit de rester fermée le dimanche

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Avec le retour à l'horaire normal pour plusieurs commerces, le débat sur l'ouverture ou non le dimanche est lancé.

Une entreprise de l'Estrie a choisi d’aller dans le sens contraire de plusieurs et reste maintenant fermée les dimanches, malgré les risques financiers. La direction des boucheries Face de bœuf de Sherbrooke et Ayer's Cliff croit cependant qu'il en va du bien-être de ses employés.

La décision a aussi été influencée par le récent décès du fondateur, Alain Bouffard.

« Il a toujours prôné la journée familiale le dimanche. On tenait à lui rendre hommage pour pouvoir inculquer ces valeurs-là à nos enfants à notre tour.

- Sylvie Bouffard,  directrice de l'entreprise et fille du fondateur

La réflexion ne date pas d’hier. Avant même la décision de Québec de fermer temporairement la majorité des commerces le dimanche, la décision avait été prise pour l’entreprise. « On avait décidé de prendre les devants à la fin mars en disant à nos employés qu'à partir du premier avril, avec la COVID et avec la cadence que nos employés subissaient depuis les dernières semaines, on avait déjà pris la décision à l'interne de fermer les dimanches avant que le gouvernement le fasse. Mon père était plus que d'accord avec cette décision-là, il nous encourageait à le faire et on a décidé de la poursuivre », indique Mme Bouffard.

Risques

Prendre une décision comme celle-ci n’est pas sans risques pour une entreprise; des clients peuvent être insatisfaits, ou simplement se tourner vers la compétition qui elle, reste ouverte. La femme d’affaires en est largement consciente : « Ça a été abordé, ça a été réfléchi. On n'est pas sans savoir que les gens peuvent avoir un besoin le dimanche aussi et que la compétition est ouverte, mais on a une clientèle établie depuis plusieurs années qui aime les produits et services qu'on offre. On se doutait que nos clients allaient très bien percevoir la décision et suivre notre choix ce qui a été bien accueilli la semaine dernière quand on a fait l'annonce ».

Questionnée à savoir s’il est difficile pour une entreprise locale de prendre cette décision alors que de plus gros joueurs restent ouverts, Mme Bouffard se veut pragmatique : « C'est sûr que ce serait difficile pour eux aussi de prendre cette décision-là. C'est compréhensible. Mais ça aiderait énormément les petites entreprises qui ne veulent pas prendre ce risque-là parce que la compétition reste ouverte. C'est sûr que c'est une grosse décision, mais pour nous, nous étions prêts à prendre le risque pour notre bien-être et celui de nos employés ».