Crise forestière : le comité mis sur pied dépose son mémoire

Foret (iStock.com Aleksander)

Le comité mis sur pied pour la relance de l'industrie forestière dans la région a déposé son mémoire au gouvernement provincial.

17 mesures sont proposées afin de procéder à une refonte du régime forestier.

1. Mettre en oeuvre une planification quinquennale opérationnelle en continu, de manière à améliorer la prévisibilité des interventions, à sécuriser les contrats des entrepreneurs (en récolte, voirie et transport) et à optimiser les plans d’approvisionnement d’autres sources (forêt privée, BMMB, etc.) pour les usines de transformation du bois.
2. Confier la responsabilité de la planification opérationnelle aux experts forestiers terrain en lien avec bénéficiaires de garantie d’approvisionnement, afin d’optimiser l’efficience des interventions forestières et en réduire les coûts, tant ceux des entrepreneurs que des transformateurs de bois.
3. Adopter des approches sylvicoles plus équilibrées entre les besoins d’aménagement forestier durable et les besoins d’approvisionnement de l’industrie (notamment en regard des essences feuillues de qualité), à la lumière de la rentabilité des opérations forestière.
4. Exploiter les outils d’analyse de rentabilité financière applicables aux diverses interventions sylvicoles (commerciales), dans l’élaboration des prescriptions sylvicoles.
5. Transitoirement, appliquer les recommandations du Rapport minoritaire du Sous-groupe de travail du Groupe de travail de la cellule d’intervention sur la vitalité de l’industrie forestière des régions de l’Outaouais et des Laurentides.
6. Mettre en place un modèle de tarification des droits de coupe des feuillus et des pins qui tienne davantage compte des coûts et revenus liés spécifiquement à la transformation de ces groupes d’essences.
7. Transitoirement, facturer à 50 % les droits de coupe applicables aux feuillus de sciage et déroulage et des pins de qualité sciage, en l’absence de données plus explicites et représentatives de ces types de production.
8. Abolir la redevance annuelle (Rente) applicable à toutes les essences non assujetties à la taxe américaine imposée sur le bois d’oeuvre résineux, considérant la difficulté pour ces bénéficiaires de pouvoir jouir de l’entièreté des droits conférés par leur garantie
d’approvisionnement.
9. Transitoirement, créditer le paiement de la rente annuelle pour soutenir des investissements au niveau de la planification forestière et des infrastructures industrielles.
10. À court terme, créditer 50 % du paiement de la redevance annuelle pour la saison 2020-2021 et suspendre le paiement de la redevance pour la durée de la période de transition.
11. Réviser certains aspects du RADF, principalement à l’égard des normes sous-optimales relatives aux chemins forestiers.
12. Créer un environnement d’affaires favorable à la rentabilité pour les entrepreneurs forestiers, notamment par : le soutien à l’acquisition d’équipements, le soutien à la formation de la main-d’oeuvre et l’allongement de la période d’opération.
13. Permettre un mode de gestion de l’aménagement forestier par objectifs et résultats, plutôt que par des moyens préétablis et contrôles associés.
14. Reprendre les négociations avec la communauté algonquine du Lac Barrière.
15. Transformer à proximité les bois de trituration disponibles à la récolte en vue de favoriser l’émergence d’une « économie verte »
16. Mettre en place des politiques qui favorisent la mise en marché des produits issus de l’économie verte (biomatériaux, énergie verte et produits issus de la biotechnologie)
17. Instaurer une période de transition qui intègre graduellement les changements mis de l’avant pour répondre à l’urgence de la situation dans les régions de l’Outaouais et des Laurentides.

En raison de la crise forestière, environ 600 personnes ont perdu leur emploi au cours des dernières années en Outaouais.

« Le Ministre a maintenant les éléments nécessaires pour entreprendre une réforme du régime forestier qui tiendra compte des réalités contemporaines de l'industrie forestière en Outaouais et dans les Laurentides. »

Benoît Lauzon, maire de Thurso, préfet de la MRC Papineau et coprésident du Comité de liaison