COVID-19: éclosions dans des camps de jour

Environ 500 enfants et membres du personnel ont dû être renvoyés à la maison au cours des derniers jours. (Unsplash)

La saison des camps de vacances a pris fin abruptement pour des centaines d'enfants du Québec qui ont été renvoyés à la maison en raison d'éclosions de COVID-19 à peine quelques jours après leur arrivée.

L'Association des camps du Québec (ACQ) confirme qu'au moins trois camps de vacances ont dû suspendre temporairement leurs activités à la suite d'éclosions de COVID-19, principalement au sein de leur personnel.

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Le directeur général de l'ACQ, Éric Beauchemin, a précisé mardi qu'environ 500 enfants et membres du personnel ont dû être renvoyés à la maison au cours des derniers jours.

Dans le cas du camp Ouareau, à Notre-Dame-de-la-Merci, sur les 63 membres du personnel, 11 ont été infectés, en plus de trois membres de l'équipe de coordination, a donné en exemple M. Beauchemin.

«Et là, ça tombait un après l'autre alors plutôt que d'attendre qu'il en manque 25, ils ont cessé tout de suite et demandé aux parents de venir chercher leurs enfants», a-t-il expliqué.

M. Beauchemin souligne qu'aucune éclosion de COVID-19 n'avait été rapportée dans les camps de vacances l'été dernier lorsqu'ils ont pu relancer leurs activités après une année de pause en 2020 en raison de la pandémie. Cette année, les choses sont toutefois un peu différentes.

«L'année dernière, en camp avec hébergement, on avait plusieurs mesures, dont entre autres l'accès à des tests PCR avant le départ vers le camp, on avait le port du masque dans certaines situations, la distanciation sociale, a-t-il énuméré. Cette année, c'est des recommandations.»

Presque pas de consignes sanitaires

Éric Beauchemin a fait savoir que son équipe et lui devaient rencontrer des représentants du ministère de la Santé mardi afin de leur demander d'imposer à nouveau des consignes sanitaires dans les camps. On parle notamment du port du masque obligatoire et de tests de dépistage pour les campeurs et le personnel avant leur arrivée au camp.

Du côté du ministère de la Santé, on a cependant répondu qu'il ne paraît pas approprié d'imposer des tests de dépistage systématiques à tous les campeurs et les employés, que ce soit à leur arrivée au camp ou lors de contacts avec des cas confirmés. On ajoute que la décision de suspendre ou non les activités d'un camp en raison de cas de COVID-19 revient entièrement aux gestionnaires.

Éric Beauchemin estime que le peu, voire même l'absence, de mesures de prévention en place, jumelée à la pénurie de main-d'œuvre, rend la situation très difficile à gérer. Il croit que le fait qu'aucune éclosion n'a été recensée l'été dernier a possiblement eu pour effet que «la garde de tout le monde était baissée».

De l'avis du Dr Don Vinh, du Centre universitaire de Santé McGill, le gouvernement du Québec fait la promotion d'un retour à la vie normale après plus de deux ans de pandémie, mais sans avoir préalablement mis en place suffisamment de mesures préventives comme une aération adéquate ou un meilleur accès à des tests de dépistage.

En Ontario, un important camp de vacances en périphérie de Huntsville, à environ 215 kilomètres au nord de Toronto, a annoncé une fermeture temporaire de quelques semaines en raison d'une vague de cas au sein de son personnel.

La directrice générale de l'Association des camps de l'Ontario, Joy Levy, a déclaré par voie de communiqué, mardi, que l'industrie n'était malheureusement pas immunisée contre les éclosions alors que la pandémie continue de sévir dans la province et dans le reste du monde.