Décès de la fillette de Granby: les premiers répondants témoignent

pjTR - noovo info olivier caron

Un des procès les plus attendus au Québec cette année, celui de la belle-mère de la fillette de Granby, décédée le 30 avril 2019 à l’âge de 7 ans, s’est poursuivi lundi matin au palais de justice de Trois-Rivières, avec les premiers témoignages.

La femme de 38 ans est accusée de séquestration, en ayant enroulé la victime de ruban adhésif, et de meurtre au deuxième degré. Celle-ci a plaidé non-coupable aux chefs d’accusations qui pèsent contre elle.

D’entrée de jeu, le procureur de la Couronne Me Jean-Sébastien Bussières a tenu à dire le nom de la jeune victime aux 14 membres du jury, soutenant que « c’était pour elle » qu’ils étaient réunis.

Le premier témoin qui s’est adressé aux membres du jury a été la répartitrice du 911 qui a pris l’appel d’urgence, logé le 29 avril 2019, la veille du décès de la fillette. L’enregistrement audio a été diffusé dans son entièreté, dans lequel on entend une personne en détresse mentionner que l’enfant était en détresse respiratoire. Vers la fin de l’appel, la personne au bout du fil éclate en sanglot, implorant les services d’urgence de venir « sauver » la fillette.

Cet appel de détresse a été particulièrement difficile à entendre pour le jury, mais aussi pour l’accusée qui a essuyé ses larmes en l’écoutant.

Le premier policier à être arrivé sur les lieux, Martin Noël, a par la suite témoigné. Dès son entrée dans la maison, il dit avoir été accueillie par une femme et un jeune enfant en pleurs. C’est ce dernier qui l’a dirigé vers une pièce se situant au fond de la maison, où il a découvert le corps inerte et nu de la fillette, couchée au sol.

Dès son entrée dans cette pièce, il raconte avoir senti « un mur de chaleur ». Selon ses propos, la différence de température entre cette petite chambre et le reste de la maison était marquée.

M. Noël soutient qu’une personne se trouvait déjà avec la fillette, en train de pratiquer des manœuvres de réanimation.

C’est à ce moment que M. Noël a pris le relais. Il a rapidement fait le constat que l’enfant n’avait ni pouls ni respiration. Il explique avoir fait un massage cardiaque à la petite pendant plusieurs minutes, puis avoir poursuivi le tout jusqu’à l’arrivée à l’hôpital, où il a laissé l’enfant aux soins du personnel de santé.

Par la suite, la policière à la Ville de Granby Linda Harpin a pris la barre. Celle-ci est arrivé peu de temps après son collègue et en même temps que les ambulanciers. Après avoir pris le temps de parler avec les deux adultes qui étaient déjà sur place, dont l’accusée, la policière s’est déplacée dans la pièce où se trouvait la jeune victime.

La policière a raconté avoir pris la décision de prendre des photos de la scène, puisqu’elle savait qu’elle ne faisait pas face à une situation normale.

« On venait d’entrer dans une enquête policière », a-t-elle affirmée.

Selon ses dires, l’ambiance dans la pièce était « macabre ». Il faisait chaud et il y avait peu d’éclairage. Tout comme son collègue, Mme Harpin a remarqué la disposition des meubles près des fenêtres, ainsi qu’une toilette d’apprentissage pour enfant dans un coin. Elle a également constaté la présence d’une paire de ciseaux et d’un amat de plastique qui s’apparentait à du ruban adhésif.

De nombreux éléments de la preuve sont frappés d’une ordonnance de non-publication et ne peuvent être divulgués. Les noms de l’accusée, de la victime et d’autres personnes impliquées sont aussi visés par une ordonnance de non-publication.

Les témoignages se poursuivront mardi, avec celui d’une ambulancière qui est intervenue lors de l’appel d’urgence le 29 avril 2019. Un technicien en scène de crime est aussi attendu à la barre. Au total, une vingtaine de personnes témoigneront dans ce procès qui devrait s’étirer sur six semaines.

Avec la collaboration d'Amélie St-Yves, journaliste, Noovo Info Mauricie