Dépister la COVID-19 grâce aux égouts

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Des chercheurs de partout au Québec se mobiliseront dans les 6 prochains mois pour détecter la présence de la COVID-19... dans les égouts. Les rejets humains pourraient permettre de prévenir d'éventuelles éclosions.

Un projet pilote de 1,5 M$ vient d'être mis sur pied par des chercheurs des universités Laval et McGill, de l'UQTR et de Polytechnique, entre autres, pour améliorer la détection du virus à l'avance.

« Les gens, avant même qu'ils aient des symptômes, quand ils entrent en contact avec le virus, le corps commence à le combattre et l'évacue dans l'urine et les selles, explique Nancy Déziel, directrice générale du CNETE. 

En Mauricie, des recherches s'effectueront à Trois-Rivières et Shawinigan. Un groupe de scientifiques de l'UQTR s'occupera des analyses d'échantillons des égouts de Trois-Rivières, alors qu'une équipe du CNETE (Centre National en Électrochimie et en Technologie Environnementales) de Shawinigan évaluera la présence du coronavirus dans les eaux usées de cinq usines de traitement de la ville, grâce à un investissement de 50 000 $.

Comme le virus se retrouve dans les conduits d'évacuations, les chercheurs peuvent analyser les rejets humains et l'ADN qu'ils contiennent pour y trouver des traces du virus.

« En suivant les fragments d'ADN dans les égouts, on réussit à savoir s'il y a des cas et on peut faire une estimation du nombre. On est en mesure de savoir cinq à sept jours à l'avance les cas qui seront déclarés grâce à ça », ajoute Nancy Déziel.

Des techniciens et des chercheurs passeront les 6 prochains mois à travailler sur ce projet à temps plein.

« Ça donne aussi un indice des cas qui sont silencieux, parce qu'il y a des gens qui n'ont pas de symptômes. Il y en a combien dans la population ? Ça va nous donner un portrait beaucoup plus fidèle pour aider à suivre la COVID », poursuit Mme Déziel.

Des ententes pourraient survenir avec certains CHSLD de la région afin de tester directement leurs eaux usées, et ainsi, prévenir à l'avance les cas positifs, permettant de tester les résidents et le personnel avant même l'apparition de symptôme.