Grève des travailleurs de la santé les 21 et 22 juin

secteur public - 31 mars 2021_opt

Des milliers de travailleurs de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec seront en grève lundi et mardi prochain, les 21 et 22 juin.

Ils dénoncent à nouveau les négociations difficiles avec le gouvernement Legault pour le renouvèlement de leur convention collective, alors que leur dernière est échue depuis le 31 mars 2020.

Les 10 000 syndiqués au CIUSSS MCQ réclament de meilleures conditions de travail, notamment la réduction des surcharges de travail, moins d'heures supplémentaires et une meilleure conciliation famille-travail-études.

« On le voit avec la pandémie, les enfants dès qu'ils ont un petit nez qui coulent, les parents doivent rester à la maison avec eux. On a de la misère à les garder, ils quittent. Les employeurs au privé ont compris que les salariés étaient importants, ils en prennent soin. Dans les CISSS et les CIUSSS, le navire est tellement gros qu'on est devenu des numéros. Il est temps que les dirigeants comprennent qu'une shop sans salariés, ça ne produit pas », affirme Frédérick Beaulieu, président du Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration du CIUSSS MCQ (FSSS-CSN).

Les salaires sont aussi au coeur des négociations. Les syndicats demandent un rattrapage salarial de l'ordre de 3,50 $ de l'heure sur trois ans, dont 2$ de l'heure supplémentaires pour la première année.

Les services à la population seront impactés par cette grève, à l'exception des urgences des hôpitaux, des soins intensifs et des cliniques de dépistage et de vaccination de la COVID-19.

« C'est sûr que l'impact sur les usagers sera un ralentissement des services. Par exemple, les centres de prélèvement sont achalandés le matin. Le 21 et le 22 ce se seront pas des belles dates pour aller à l'hôpital. C'est plate, c'est la population qui paie pour, mais ça démontre à quel point on est essentiel. Sans nous, il n'y en a pas de soins », ajoute M. Beaulieu.

Les syndicats constatent aussi un exode du personnel depuis quelques mois. Ils craignent aussi un départ massif des préposés aux bénéficiaires formés par le gouvernement dans la dernière année.

« J'ai travaillé avec les nouveaux préposés aux bénéficiaires et je leur demandais s'ils pensaient rester et s'ils aimaient ça. Le deux tiers des gens m'ont répondu qu'ils attendaient la fin de leur contrat obligatoire d'un an pour quitter. Ça fait 30 ans que je fais ça et je trouve ça difficile par moment, alors quelqu'un qui commence et qui n'a pas la flamme, c'est dur... à cause des conditions de travail », dénonce Marie-Josée Hamelin, présidente du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ (FSS-CSN).

Les syndicats espèrent en venir à une entente avec le gouvernement pour éviter ces deux journées de grève. Toutefois, ils se sont dotés d'un mandat de grève illimité leur permettant d'autres journées de moyen de pression si les négociations n'aboutissent pas prochainement.