Ingénieur agresseur: une entreprise privée moins clémente qu’un juge

Simon Houle, 30 ans, travaillait pour le groupe Canimex de Drummondville et était en télétravail forcé en attendant le dénouement de l’affaire. Il a finalement plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et de voyeurisme. (Facebook)

Un ingénieur de Trois-Rivières qui a bénéficié d’une absolution conditionnelle après avoir reconnu l’agression de deux victimes n’a pas bénéficié d’autant de clémence de son employeur et a perdu son emploi mardi matin.

Simon Houle, 30 ans, travaillait pour le groupe Canimex de Drummondville et était en télétravail forcé en attendant le dénouement de l’affaire. Il a finalement plaidé coupable à des accusations d’agression sexuelle et de voyeurisme.

Dans son jugement, le juge Matthieu Poliquin indique: «une peine autre qu’une absolution aurait un impact significatif sur sa carrière d’ingénieur. Cette profession nécessite de voyager à travers le monde. S’il n’a pas encore voyagé dans le cadre de son emploi actuel, cela s’explique par les restrictions en lien avec la pandémie de la COVID-19. Pour l’avenir, s’il ne peut pas voyager à cause de la présence d’antécédents judiciaires, ses possibilités d’emploi en ingénierie seront limitées».

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Mais son employeur a vu les choses autrement. Le vice-président des ressources humaines de Canimex Michel Goulet a indiqué que l’employé a été renvoyé mardi matin, par téléphone, tandis qu’il était hors du pays. C’est tolérance zéro sur toute forme de violence, selon M. Goulet.

Photos intimes

Simon Houle a reconnu avoir agressé sexuellement une femme en avril 2019, à l’occasion d’une soirée entre amis. La victime s’était endormie dans le logement, habillée, par-dessus les couvertures.

Elle s’est réveillée à la lumière d’un appareil photo tandis que l’accusé touchait ses parties génitales. Des photos intimes ont effectivement été retrouvées dans la corbeille de son cellulaire.

Pendant la thérapie, l’agresseur a reconnu «un autre geste d’agression» commis en 2015, mais qui n’a pas été judiciarisé. Un aveu qui «démontre son désir de transparence» selon le Tribunal.

 «De même, si ses capacités introspectives et intellectuelles lui ont permis de cheminer de façon pertinente, elles permettent également de croire que l’accusé possède les capacités de devenir une personne utile dans la communauté, capable d’assurer sa subsistance et celle de sa famille. D’ailleurs, il est dans l’intérêt général que l’accusé, un actif pour la société, puisse poursuivre son parcours professionnel», a également indiqué le juge.

Simon Houle a été condamné à une absolution conditionnelle accompagnée d’une ordonnance de probation de trois ans pendant lesquelles il devra garder la paix, poursuivre son cheminement psychologique. Il devra également faire un don de 6 000$ à un organisme de Trois-Rivières.

La Couronne demandait 18 mois de prison.