La fillette de Granby était étendue dans de l’urine à l’arrivée des secours

Granby

La deuxième journée du procès pour meurtre de la belle-mère de la fillette de Granby, décédée en avril 2019, a permis d’en apprendre davantage sur l’état dans lequel elle se trouvait à l’arrivée des premiers répondants.

L’ambulancière qui lui a porté secours, Kariane Royer, a débuté son témoignage au palais de justice de Trois-Rivières. La jeune femme de 29 ans a d’abord expliqué que dès son arrivée, elle s’est emparée de son appareil moniteur défibrillateur semi-automatique (MDSA), qui lui permet entre autres de vérifier les signes vitaux, avant de se rendre dans la pièce où se trouvait la fillette.

Dès son entrée dans cette chambre, elle dit avoir « frappé un mur de chaleur ».

« Il faisait noir. J'ai vu un petit meuble près de la porte qui nous empêchait un peu de rentrer. Il y avait une petite lampe sans abat-jour. Il n'y avait pas grand-chose. Ça ne ressemblait pas à une chambre », s’est-elle souvenue.

Les constats faits par la paramédic quant à l’état de la fillette sont tout aussi frappants.

« Il n'y avait aucun lit ni matelas. La fillette était nue, couchée au sol, dans une flaque qui ressemblait à de l'urine et du vomi. Ça sentait l'urine. Je trouvais qu'il y en avait beaucoup au sol. »

Elle s’est alors approchée du corps qu’elle a qualifié de « grisâtre », se faisant confirmer par le policier déjà en train de pratiquer des manœuvres de réanimation que la victime n’avait aucun pouls.

« Quand je suis arrivée, j'ai remarqué que l'enfant était très maigre. Elle avait aussi des marques de compression, comme des bas qu'on porte trop serré toute la journée, au niveau du thorax et des cuisses. Elle était très chaude, moite, ses cheveux étaient collés à son front », raconte l’ambulancière.

Toute l'intervention enregistrée

L'ambulancière explique avoir à ce moment branché son MDSA sur la poitrine et le dos de la fillette à l’aide de « pads » de défibrillation pour vérifier si le cœur envoyait des signaux électriques, ce qui s'est avéré négatif au départ.

Kariane Royer a pratiqué les manoeuvres RCR avec son moniteur défibrillateur pendant une vingtaine de minutes, soit jusqu'à l'arrivée à l'hôpital. L'appareil enregistre d'ailleurs tout le son ambiant, ce qui a permis aux membres du jury d'entendre toute l'intervention effectuée auprès de la victime.

Même si le coeur de l'enfant a commencé à envoyer de faibles impulsions électriques après une dizaine de minutes, il n'y a jamais eu de pouls.

Le contre-interrogatoire de l'ambulancière s'est amorcée en fin d'après-midi mardi et se poursuivra mercredi matin. Par la suite, des techniciens en identité judiciaire sont attendus à la barre.