Les bâtiments de la Ville de Trois-Rivières se détériorent de façon importante

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Le vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières a présenté son bilan annuel 2018 au conseil municipal, dans lequel il fait notamment mention de la « détérioration importante » du parc immobilier appartenant à la municipalité. La gestion des immeubles n'est pas adéquate, selon son rapport.

La Ville s'est fixée un seuil de détérioration maximal à respecter de 14% pour chacune de ses infrastructures. Elle en possède 407 et de ce nombre, seulement 127 ont été inspectées. Parmi ceux-ci, 70 se trouvent au-dessus du seuil maximal et 48 sont jugés en mauvais ou très mauvais état. Le pire bâtiment à Trois-Rivières est l'aréna Jean-Guy Talbot, avec un taux de vétusté de 58%. 

« Je n'ai pas ouvert les murs pour aller voir à l'intérieur. On n'est pas monté sur le toit non plus. C'est plus un indice général qui nous indique que cet immeuble-là nécessite beaucoup de soins », souligne Jacques Bergeron, vérificateur général de Trois-Rivières.

Il est suivi de près par le Pavillon des bovins, situé aux abords du Colisée et de la bâtisse industrielle, avec un indice de vétusté à 54%. Arrive en troisième place le Pavillon Richelieu de l'Île Saint-Quentin à 50% et ensuite l'Aérogare à 48%.

D'autres arénas dépassent le seuil de vétusté de 14%, soit le Colisée de Trois-Rivières à 32%, l'aréna Claude-Mongrain à 28% et l'aréna Jérôme-Cotnoir à 17%.

Il recommande ainsi à la Ville d'établir un plan d'action pour les 48 bâtiments en mauvais ou très mauvais état, afin d'éviter que leur état ne s'aggrave encore plus.

Selon lui, la Ville devrait également investir davantage dans ses infrastructures, car elle ne dépense pas ce qu'elle budgéte. Par exemple, en 2018, plus de 7,3 M$ étaient prévus au budget pour l'investissement en immobilisations. Cependant, seulement 4,8 M$ ont été dépensés, ce qui laisse un écart de 2,5 M$ inutilisés.

« Plus vous creusez l'écart entre le montant budgété et le montant réellement dépensé, plus vous creusez votre déficit en entretiens et plus ça devient difficile à rattraper par la suite », rappelle-t-il.

Aucun plan d'intervention pour certaines catastrophes possibles

Le vérificateur général a constaté que la Ville de Trois-Rivières ne possède aucuns plans particuliers d'intervention (PPI) en cas de panne électrique majeure, d'accident maritime ou d'accident ferroviaire, comme celui survenu à Lac-Mégantic, par exemple. Il indique que la Ville devrait se doter de tels plans, mais qu'elles détient quand même plusieurs services d'urgences capables d'intervenir rapidement.

« Il ne faut pas dramatiser. On a quand même une sécurité civile qui existe, un service de pompiers et de policiers. On n'est pas à zéro, sauf qu'au niveau de la coordination, ça pourrait être problématique. »

La direction de la sécurité incendie et de la sécurité civile répond toutefois qu'au moment de produire le rapport, « plusieurs plans d'intervention, mais plus spécifiquement les plans de pannes électriques, des accidents ferroviaires et maritimes, étaient en révision, mais disponibles en cas de besoin. » 

Ligne de dénonciation indépendante

Jacques Bergeron suggère aussi à la Ville d'implanter une ligne de dénonciation indépendante qui permettrait aux citoyens de « dénoncer un acte répréhensible » de façon anonyme, « sans avoir à craindre des représailles ». Cette ligne serait gérée par le bureau du vérificateur général. Au Québec, des villes comme Montréal, Longueuil, Québec, Laval et Lévis ont ce type de service. À Montréal, 150 signalements ont été faits dans la première année seulement.