Plus inquiets, les entrepreneurs pourraient investir mois, prévient la FCEI

L'indice de confiance sur un horizon de trois mois produit par l'association a reculé de 4,5 points pour s'établir à 55,8 points au Québec, selon le Baromètre des affaires de la FCEI. (Banque d'images | Envato)

La flambée de l'inflation plombe la confiance des propriétaires de PME, selon un récent sondage de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), dévoilé mardi.

L'indice de confiance sur un horizon de trois mois produit par l'association a reculé de 4,5 points pour s'établir à 55,8 points au Québec, selon le Baromètre des affaires de la FCEI à partir d'un sondage réalisé au mois de juin auprès de 700 répondants à travers le Canada.

La même tendance s'observe à l'échelle canadienne tandis que l'indice de confiance recule de 4,8 points à 54,4 points. L'Ontario arrive en queue de peloton avec un indice à 52,4 points, en baisse de 6,1 points.

À lire également:

Lorsque l'économie tourne à plein régime, l'indice avoisine généralement les 65 points, explique la directrice de l'économie à la FCEI, Andreea Bourgeois. Un seuil supérieur à 50 signifie qu'une majorité de propriétaires de PME anticipent de meilleurs résultats sur une période de trois mois, mais le recul de l'indice évoque une baisse de la confiance en juin. «Le chiffre en soi n'est pas inquiétant, comparativement au creux de la pandémie, c'est sûr qu'on est mieux, mais la tendance est à la baisse», précise-t-elle.

Une baisse de l'optimisme des entrepreneurs est une mauvaise nouvelle pour l'économie, prévient Mme Bourgeois. « S'il n'est pas vraiment optimiste pour l'avenir [le dirigeant d'une PME], qu'est qu'il va faire? Il va faire moins d'investissement, un peu moins d'embauche, il va être plus prudent dans ses plans d'affaires. Le niveau d'optimiste, ça impacte beaucoup l'activité économique.»

Le portrait tracé par les réponses au sondage de la FCEI coïncide avec une augmentation de l'inquiétude économique tandis que les économistes se demandent si la hausse des taux d'intérêt nécessaire pour combattre l'inflation n'entraînera pas une récession.

À l'échelle du pays, les propriétaires de PME identifient la hausse des prix du carburant comme la principale source de pression sur leurs coûts (77 .

Les propriétaires de PME prévoient augmenter les salaires de 3,7% au cours des 12 prochains mois, un record depuis les 12 dernières années. Ils anticipent également que les coûts augmenteront de 4,8% au cours de la prochaine année.

La hausse des coûts d'emprunt dans la foulée de la hausse des taux d'intérêt inquiète davantage les entrepreneurs depuis un mois. Ils sont 28% à identifier ce facteur comme une importante source de pression sur leurs coûts, une augmentation de 7 points de pourcentage en seulement un mois.

La flambée généralisée de l'inflation, qui gruge le pouvoir d'achat des consommateurs, est l'élément qui préoccupe le plus Mme Bourgeois. «L'inflation fait en sorte que les entrepreneurs paient des prix plus élevés pour leurs intrants et la main-d'oeuvre. Ils doivent ensuite charger des prix plus élevés aux consommateurs, mais les revenus des consommateurs, souvent ils ne bougent pas suffisamment vite.»

En apparence, l'heure est à la reprise pour plusieurs PME tandis que les consommateurs profitent de la fin des restrictions sanitaires pour retourner dans les restaurants et les commerces. La pandémie a cependant laissé de nombreuses PME dans une situation plus fragile si elles devaient affronter un autre choc économique, prévient Mme Bourgeois.

Dans une proportion de 62%, les entrepreneurs affirment qu'ils traînent une dette liée à la pandémie. «On a l'impression que tout va bien, les terrasses sont ouvertes, mais il y a beaucoup de mal qui a été fait.»