Procès de François Asselin: « C'est moi qui l'a tué »

francois asselin -rad can

Au procès de François Asselin, plusieurs éléments macabres ont été présentés aux membres du jury ce lundi. Certains détails de ce texte peuvent choquer.

Rappelons que le Trifluvien est accusé d'avoir tué et démembré son père, Gilles Giasson, puis d'avoir assassiné son collègue François Lefebvre, quelques jours plus tard, en mai 2018. Les preuves présentées en cour lundi concernaient le second meurtre.

Le pathologiste qui a réalisé l'autopsie de François Lefebvre a d'abord présenté les résultats de son travail. André Bourgault a expliqué que 44 lésions, provoquées par un objet piquant ou tranchant, comme un couteau, avaient été découvertes sur le corps de la victime. La majorité d'entre elles se trouvaient au niveau de la tête et du cou. D'autres lésions ont été remarquées au niveau du dos, du thorax et de l'abdomen.

Selon ses constatations, la gorge de la victime aurait été tranchée, particulièrement les artères carotides. Ce sont ces blessures qui auraient mené au décès de François Lefebvre dans la nuit du 16 au 17 mai 2018. M. Bourgault croit aussi que l'homme s'est débattu et a tenté de se protéger, en raison de blessures apparentes à un bras et une main.

Par la suite, le jury a dû visionner en intégralité l'interrogatoire de François Asselin, mené à Sherbrooke dans les heures suivant son arrestation, le 17 mai 2018. Au cours de la vidéo d'une durée de 7h, l'accusé avoue son crime.

« C'est moi qui l'a tué, je l'ai ouvert d'un bout à l'autre », confie-t-il à l'enquêteur Cédric Ménard.

Selon ses propos, une bagarre est à l'origine des événements. François Asselin a affirmé avoir reçu un premier coup, puis avoir répliqué. Dans les instants qui auraient précédé cette bataille, François Lefebvre aurait tenu des propos qui ont choqué l'accusé, notamment qu'il agressait des enfants. 

Le Trifluvien a notamment affirmé s'être défendu, avoir paniqué et paranoïé, avouant l'avoir frappé avec un couteau à une dizaine de reprises.

Extrait de l'interrogatoire:

- François Asselin: « Je me suis fait attaquer, je me suis défendu. Après ça, je ne savais pas quoi faire. J'aurais peut-être dû appeler la police, mais dans ma tête de paranoïa, je ne savais pas... »
- L'enquêteur Cédric Ménard: « T'as fait quoi après ? »
- François Asselin: « Je l'ai mis dans la boite. »

 

Au moment de décrire certains détails lors de l'interrogatoire, François Asselin a eu de la difficulté à retenir ses émotions. Il a pleuré à quelques occasions, notamment lorsqu'il a raconté comment il a transféré le cadavre de la chambre de motel jusqu'à l'entrepôt de l'entreprise Ovation, à Sherbrooke, où il a été retrouvé.

Jusqu'ici, 43 témoins ont été entendus dans le cadre du procès pour double meurtre. Au cours des prochains jours, des experts psychiatres témoigneront de la responsabilité criminelle de l'accusé. Au terme des audiences, les 13 membres du jury devront décider si François Asselin était criminellement responsable de ces gestes.