Rapport annuel du vérificateur général: le projet du Colisée écorché

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Le rapport annuel du vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières écorche passablement le projet de construction du nouveau Colisée. Jacques Bergeron remet en questions plusieurs aspects du dossier.

L'un des constats émis par le VG, c'est que le projet du Colisée « ne reposait sur aucune étude de marché et de rentabilité mais plutôt sur des considérations politiques. » Selon M. Bergeron, la construction de l'aréna se basait sur l'hypothèse qu'une équipe de hockey professionnelle évolue dans le bâtiment et sur l’opportunité d’augmenter l’offre pour accueillir des événements sportifs et culturels. Il conclut qu'un plan d'affaires structuré aurait dû être produit et qu'un plan d'action serait nécessaire quant à l'exploitation future du nouveau colisée.

Le vérificateur général constate aussi un « conflit dans la séparation des fonctions », puisque le projet est un « clé en main ». Il estime que des problèmes de qualité pourraient ressortir, puisque l'entrepreneur général TEQ est à la fois responsable de la conception, de la réalisation, de la surveillance des travaux et de l’assurance qualité. Jacques Bergeron soutient que la Ville de Trois-Rivières aurait possiblement dû se charger de la surveillance du chantier.

Des fissures dans la structure

Le terrain sur lequel repose l'aréna est également problématique, selon le VG. Étant argileux, « le sol n’a pas la résistance pour soutenir les charges du nouveau Colisée », affirme-t-il. D'ailleurs, seulement 10 % des 400 pieux installés ont été inspectés et des fissures ont déjà fait leur apparition dans le bâtiment.

« Je n'ai pas une inquiétude précise actuellement, mais je sais que des fissures ont été remarquées. Un ingénieur de TEQ est en train de valider l'importance des fissures. Un rapport sera produit et remis à la Ville prochainement. » - Jacques Bergeron, vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières.

Il remet aussi en question l'embauche d'un certificateur indépendant payé à 50 % par la Ville et 50 % par l'entrepreneur, « ce qui pose un problème d’indépendance » à son avis. Le certificateur est responsable d'effectuer une vérification rigoureuse à chacune des étapes de la construction jusqu’à la livraison du Colisée. Toutefois, seulement trois rapports ont jusqu'à maintenant été émis, contrairement aux obligations contractuelles. La Ville est également en attente de documents qualité de l’entrepreneur.

Une recommandation faite l'an dernier remise de l'avant

Le vérificateur général a aussi réitéré l'une de ses recommandations faites dans son rapport annuel 2018. Jacques Bergeron demandait à la Ville de mettre sur pied une ligne de signalement indépendante pour prévenir la fraude et la corruption, un système qui existe notamment à Montréal. Cette ligne téléphonique donne l'occasion aux employés municipaux ou aux tiers de signaler des actes répréhensibles de façon anonyme et confidentielle.

Ce projet, qui coûterait entre 15 000 $ et 40 000 $ annuellement, « encourage et facilite la communication en toute confiance avec une instance neutre et indépendante, protège les utilisateurs contre d’éventuelles représailles et traite les signalements de manière confidentielle, objective, impartiale et diligente », fait remarquer le VG.