Bombardier largue la CSeries

Bombardier

Bombardier vend sa participation dans l'Airbus A220, anciennement CSeries, pour 591M$ US. La transaction inclut l'usine d'assemblage de l'arrondissement Saint-Laurent à Montréal. 

Airbus s'engage à maintenir les emplois à cette usine pour une durée de 3 ans. L'assemblage sera ensuite transféré à l'usine Stelia Aéronautique à Mirabel qui appartient dorénavant à Airbus. L'européenne s'est engagée verbalement à maintenir les quelque 3 000 employés nécessaires à la construction de l'A220 au Québec.

Le gouvernement du Québec a investi 1,3 milliard de dollars canadiens dans l'aventure de la CSeries en 2016. Sa participation financière s'est transformée en portefeuille d'actions de 25% des actions d'Airbus Canada. 

Cette vente permettra à Bombardier d'éponger ses pertes. L'avionneur déclare ce matin une perte de 1,7G U$ au dernier trimestre.

La valeur des parts du Québec pique du nez 

Les parts des contribuables québécois ont fondu de 600M$. Le gouvernement Legault a toutefois bon espoir de récupérer son argent. Airbus s'est déjà engagé à racheter toutes les parts de l'État au 1er janvier 2026. D'ici là, les Québécois n'auront pas à injecter de sommes additionnelles. 

"Je pense que cette étape était essentielle à la poursuite des activités. Bombardier a réussi au travers des époques à développer des créneaux et des pans complets de l'économie québécoise. Je suis convaincu que l'ingéniosité qui a animé l'entreprise de J.A Bombardier et Laurent Beaudoin et autres grands dirigeants saura encore contribuer au rayonnement économique du Québec". - Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation 

Une transaction mal ficelée 

Le premier ministre François Legault a répété cet avant-midi que la transaction bouclée par les libéraux de Philippe Couillard avait été bâclée, offrant très peu de chance de garantir la valeur des investissements publics. 

"J'ai toujours pensé que c'était une erreur d'aller dans les avions commerciaux, d'aller compétitionner Boeing et Airbus avec un appareil de 120-140 places. On n'aurait jamais dû le faire". - François Legault, Premier ministre du Québec 

Fin d'une époque 

Le Syndicat des employés de Bombardier réagit plutôt positivement à cette annonce qui arrive au terme de plusieurs mois d'incertitude et de rumeurs. Au moins 360 travailleurs, dont 260 syndiqués changeront d'employeurs avec cette annonce. 

« Le retrait complet de Bombardier de la construction d'avions commerciaux représente la fin d’une époque. Ceci étant dit, nous connaissons déjà les intentions d’Airbus qui compte augmenter leur empreinte au Québec. Pour nous l’important a toujours été de préserver les emplois, les conditions de travail et notre écosystème aérospatial québécois. C’est donc le meilleur des scénarios dans les circonstances». - David Chartrand, coordonnateur québécois du Syndicat des Machinistes 

(Avec la collaboration d'Étienne Phénix, journaliste Bell Média à Montréal)